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Alain Fleischer : Alma Zara

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Pourquoi lui ?
Parce qu’après l’abécédaire de François Bégaudeau, Yves Michaud et François Bon qui nous avait déjà largement séduit, Alain Fleischer, de son côté, nous subjugue modestement mais sans doute durablement avec son roman fleuve découpé en 26 entrées. Avec lui, on rentre ici directement dans un long roman d’amour où son héroïne Alma ne vieillit pas. L’écrivain nous fait voyager à vitesse grand v de la Transylvanie à paris en passant par Hongkong sans jamais nous ennuyer une seconde.
Il est malheureux qu’on ne connaisse pas assez l’œuvre littéraire et surtout cinématographique d’Alain Fleischer (plus de 50 livres et pas moins de 350 films au compteur, tout de même, c’est assez rare pour le souligner.)
Mais avec ce roman-abécédaire c’est une manière (facile) de pouvoir rentrer sans peur (et même avec douceur) dans son univers.

Où le lire ?
Sur la route. Que ce soit dans un train, en avion, en voiture ou pour les plus casse-cou sur un vélo.

Le passage à retenir par cœur ?
« Mon goût pour le cinéma, ma fréquentation assidue des salles parisiennes, ma connaissance des films, de l’industrie cinématographique, rien de tout cela ne m’avait préparé à vivre une aventure digne d’un scénario scandaleux. Notre passion amoureuse devenait donc une liaison dangereuse, désormais promise à faire la publicité gratuite d’un film. Plus noblement, elle eût été matière à scénario, mais la réalité de nos relations était faite de scènes infilmables, dont le décor principal était un lit, à commencer par celui de la première fois, avec la fougue aveugle, brutale, du premier désir. »

A qui l’offrir ?
A tout ceux qui n’aiment vous parler que d’amour et de cinéma.

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ALMA ZARA, PAR ALIN FLEISCHER, GRASSET, 480 P., 22 EUROS

Pendant l’été 1944, un garçon de 7 ans, Damian, vit caché, avec d’autres enfants, dans une maison isolée, au fin fond de la Transylvanie. Il voit son salut dans l’apprentissage de la langue française, avec pour maître des significations, Abba, un vieux sage, et pour maîtresse des prononciations, Alma, une jeune violoniste de 20 ans, d’une énigmatique beauté. A cet épisode, tout ce qui suit ne cessera de faire retour.
La suite de cette formation se situe à Paris, où le jeune orphelin, recueilli par une tante, elle-même une survivante, devient un petit Français comme les autres. Sept ans après l’été de leur rencontre, alors qu’il est lycéen, Damian voit réapparaître Alma dans sa vie : elle devient sa maîtresse, dans l’autre sens de ce mot en français. Désormais, le destin donnera à Damian, tout au long de son existence, programmée ou accompagnée par les mots du vocabulaire, des rendez-vous avec celle qui, rescapée du pire et mystérieusement fixe dans sa jeunesse, ne le retrouve que pour lui offrir le meilleur : l’éternel retour de la passion.
Ce roman ne pourra être qualifié de baroque que par l’excès de sa réponse à une forme classique : l’abécédaire. Sans doute peut-on y voir l’empreinte et l’accent de l’ancienne culture d’Europe centrale dans une œuvre de la littérature française d’aujourd’hui.
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Publié le 13/02/2015