Ads

Suburbanism : The soft-carpeted world

+1+2+3+4+5

Facebook, City. Une preuve de plus que le Suburbanism est plus qu’une simple théorie. Les banlieues du nord de la Californie sont la capitale mondiale de la culture. L’Apple Campus 2 (Inifinity Loop) en construction à Cupertino, Californie, est maintenant le projet Zee-Town financé par Facebook et pensé par Franck Gehry, sont les composantes d’une culture digitale du 21ème siècle parfaitement pensée, et qui remplace l’idée et la mythologie de la communauté créatrice. Ce lien historique entre un groupe d’artistes et une zone urbaine ruinée et sous-cotée dans laquelle leur élans artistiques naissent et grandissent, c’est non seulement de l’histoire, mais aussi la pire des nostalgies. C’est ce principe mondial qui est le cœur de toute la machinerie de la propagande Fashionworld.
De SoHo à New-York, à Williamsburg&Bushwick à Brooklyn, en passant par Shoreditch, Hoxton et Spitafields à l’est de Londres, et maintenant DTLA au centre-ville de Los Angeles, cette histoire de plus de cinquante ans, d’enclaves urbains où de jeunes artistes rebelles et visionnaires se rencontrent et génèrent les idées novatrices qui maintient la culture en vie et en mouvement, est devenue un mythe. Ce processus urbaniste est maintenant industriellement financé et géré pour créer une ghettoïsation de la culture, pour son contrôle, son développement et sa distribution.
La culture, qui grandit dans un rapport inter-individuel et la compétition, et qui a donné les idées les plus innovantes, a désormais été remplacée par une multitude de plates-formes et des collections de données par les employés (supposément) d’Apple et Facebook, qui agissent comme des agents de surveillances pour des entreprises cachées et les gouvernements.
Comme je le disais dans mon interview avec Cécile Montigny pour Apar.tv, je pense que le siège de CCTV (China Central Television), designé par Rem Koolhaas à Pékin,est absolument identique, dans son programme et son objectif, à l’immeuble de la Fondation Louis Vuitton, pensé par Franck Gehry, à Paris. Cet objectif, c’est le modelage d’une identité humaine unique, programmé par les communication et les spectacles, avec pour seul but, une addiction totale aux célébrités suburbanist et à la consommation par les marques, le tout pensé comme un loisir. L’alchimie culturelle de Marcel Duchamp a été écrasée par la sorcellerie de Mickey Mouse.
Je l’ai déjà dit, Kris Kardashian à la même rôle dans ce début de 21ème siècle qu’Andy Warhol au 20ème siècle, c’est-à-dire définir la hiérarchie de l’intégration suburbanist. La transformation de qui décide ce qu’est une révolution culturelle et qui est une icône culturelle s’est produite si rapidement, et avec toute l’aide des mondes de la mode, de l’art et du sport, que très peu de critiques se sont rendues compte, ou plutôt, je pense, n’ont pas voulu analyser ce qui se passe, de peur de ne plus être invitée aux grandes fêtes des suburbanist.
Tim Cook, Mark Zuckerberg, Bernard Arnault, François-Henry Pinault, Jonathan Newhouse, Anna Wintour, Graydon Carter, Jack Dorsey, Kevin Systrom, Benjamin Eymere et des centaines d’autres forment une matrice organisationnelle que j’ai nommé The Suburbanist International. C’est évidemment un clin d’oeil aux Situationist International. L’univers des Situationnistes était une dérive urbaine et la contre-culture : ne jamais travailler. Alors que les Suburbanist qui se trouvent dans les campus corporates de haute sécurité en Californie, se rendent indispensable au-delà de la contre-culture.
L’Apple Campus 2 et la Zee Town de Facebook sont pensés comme la vision originale des Suburbanist International, qui est celle de Walt Disney, avec la construction de Disneyland. « Le lieu le plus joyeux du monde » à Anaheim en Californie, qui a ouvert en 1955, ainsi que le second lieu de propagande et de contrôle de la culture, de Walt, le Walt Disney World ouvert en 1971 à Bay Lake, en Floride.
La 87ème cérémonie des Oscars, et toutes ces fêtes avant ou après la cérémonie, se sont tenues le week-end dernier à Los Angeles, et si vous lisez la presse people pour savoir qui était présent, vous verrez Tom Ford (qui tenait son défilé femme Automne-Hiver 2015 quelques jours plus tôt à Los Angeles), le chief designer d’Apple, Jonathan Ive, Jay Z, le directeur du Musée d’Art Contemporain de Los Angeles, Philippe Vergne, et tout un parterre de top models. Le tapis rouge et les logos répétés indéfiniment sont le théâtre du contrôle global.
Passer de la recherche personnelle de la nature radical du paysage urbain, à la scène écrite, castée, enregistrée et distribuée des Suburbanist International, c’est exactement ce qui se cache derrière Disneyland, Disney World, l’immeuble CCTV, le musée de la Fondation Louis Vuitton, l’Apple Campus 2 et la Zee Town de Facebook. Depuis le lieu le plus joyeux du monde de Disney à la chanson de Pharrell William, Happy, nous sommes tous témoins du glissement drastique d’une culture cherchant à créer une connaissance plus profonde du monde, vers un monde programmé pour l’auto-satisfaction. Un monde qui ne propose plus qu’un seul choix : celui de décider ce en quoi nous croyons. Et ce choix s’exprime et se définit par un simple mot : Like. Aucune autre opinion ne sera tolérée.
Cette lettre est l’avant-propos d’un travail en cours, intitulé : The Soft-Carpeted World.

Steve Oklyn
25 février 2015,
Ferme Haiku
Haiku, Maui
Hawaï

Suburbanism : The soft-carpeted world

Comment et pourquoi cela s’est-il produit ? Où Olivier Zahm, un homme clé du monde de la mode, photographie et poste sur son Instagram personnel cette image de Kevin Systrom ? Pourquoi Kevin Systrom est à Paris pendant la fashion week ? Pourquoi Kevin est avec Olivier ? Wui les a présenté ? De quoi ont-ils discuté ?
C’est intéressant que lors des sept derniers mois, et le lancement de la montre Apple au Flint Center à Cupertino en Californie – l’épicentre de la culture Suburbanist – nous ayons le P.-D.G. d’Instagram (racheté par Facebook en 2012 pour un milliard de dollars) en compagnie du rédacteur du magazine Purple Fashion. Je ne crois que ce soit une coïncidence. Je pense qu’il y une planification , une stratégie de rencontres. Comme je l’ai déjà écrit à de nombreuses reprises, le monde de la mode et le business des Suburbanist sont liés.
Pourquoi ont-ils été présentés et de quoi ont-ils parlé ? Si nous prenons le temps d’y réfléchir, la seule conclusion possible c’est que ces deux mondes particulièrement influents se réunissent dans ce que je nomme le Soft-carpeted World.
Nous pourrions croire que le précédent P.-D.G. de Saint-Laurent, Paul Deneve, qui est aujourd’hui vice-président des Social Projects chez Apple, aurait pu faciliter ces rencontres, qui englobent Anna Wintour (Vogue), Karl Lagerfeld, Sarah Andelman (Colette) et Olivier Zahm. Même le collaborateur d’Olivier, André Saraiva, a visité le siège d’Apple en février dernier, à Cupertino. Il a posté un selfie sur le campus. Tout ces gens sont les personnages clés du monde de la mode. Ils ont une énorme influence. Du côté des suburbanist, nous avons Jonathan Ive et le designer Marc Newson. La femme de Marc est la styliste Charlotte Stockdale, qui a travaillé comme consultante pour Karl Lagerfeld.
Il y a un lien évident qui se tisse entre le Fashion World (mode, art et société) et les Suburbanist (technologie et loisir). Et ce lien s’intensifie. Je ne vois absolument pas ces liens comme une conspiration. Il est normal pour les puissants de s’aligner les uns sur les autres.
Il s’agit juste d’événements qui annonce ce que pressentait le penseur Guy Debord. Debord a décrit avec brio tout cela dans sa Société du spectacle. « Ce moment historique où les marchandises finissent de coloniser la vie social », c’est sa définition du spectacle.
Une société où « tout ce qui a vécu n’est devenu que représentation. » Où Debord établit que nous faisons l’expérience « du glissement de l’être à l’avoir, et de l’avoir à apparaître. »
Je crois que la photo prise par Olivier Zahm de Kevin Systrom en mars 2015 et immédiatement postée, est un exemple parfait que la fusion du Fashion World et des Suburanist n’est plus une théorie. C’est notre réalité. « Le spectacle n’est pas une collection d’images, c’est plutôt une relation entre personnes qui sont médiatisée par l’image. »
Près de cinquante ans après Debord, l’entente stratégique pour une transformation de la culture globale se déroule sous nos yeux.
En conclusion, j’aimerai prédire quelques événements futurs. D’abord, Kevin Systrom sera interviewé dans le numéro 24 de Purple Magazine. Je pense qu’un numéro, cette année, de L’Officiel Homme proposera un édito d’André Saraiva sur Jonathan Ive ou sur Jonathan Ive et Marc Newson créant un produit mixant technologie et mode, ou sur l’histoire de Marc Newson et sa team design à Apple.
Notez qu’il s’agit d’associations libres.

Steve Oklyn
4 mars 2015
El Cosmico
Marfa, Texas

Galerie
Publié le 13/03/2015