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À Tokyo, une minuscule librairie défie l’hyperchoix contemporain en ne proposant qu’un seul titre par semaine. Morioka Shoten transforme l’achat d’un livre en expérience, rappelant que la vraie richesse de la lecture réside dans l’attention portée à une seule œuvre plutôt que dans l’accumulation.
En pleine crise démographique – avec seulement 663 000 naissances en 2024 et un indice de fécondité tombé à 1,62 enfant par femme, une étude récente met en lumière le paradoxe cruel de la parentalité en France : un bonheur profond, mais souvent éclipsé par un épuisement extrême.
À Tokyo, une minuscule librairie défie l’hyperchoix contemporain en ne proposant qu’un seul titre par semaine. Morioka Shoten transforme l’achat d’un livre en expérience, rappelant que la vraie richesse de la lecture réside dans l’attention portée à une seule œuvre plutôt que dans l’accumulation.
Dans le tumulte incessant de notre époque, où les algorithmes nous noient sous des torrents de recommandations, où les librairies géantes alignent des kilomètres de rayons et où un simple clic sur Amazon fait apparaître des milliers de titres en un instant, une petite boutique de Ginza, à Tokyo, ose l’impensable : ne vendre qu’un seul livre à la fois.
Morioka Shoten – c’est son nom – n’est pas une librairie comme les autres. Ouverte en 2015 par Yoshiyuki Morioka, ancien employé d’une grande maison d’édition, elle applique une règle simple et radicale : une semaine, un livre. Des dizaines d’exemplaires du même ouvrage trônent sur la table centrale, entourés d’œuvres d’art, de photographies ou d’objets soigneusement choisis pour dialoguer avec le texte. Parfois, l’auteur vient en personne, parfois une exposition thématique accompagne la sélection. Le décor change chaque fois, comme une galerie dédiée à une seule voix.
« La boutique à Tokyo qui ne vend qu’un seul livre.
Oui, un seul. Pas un rayon. Pas un choix. Pas de best-seller en vitrine.
Dans le quartier de Ginza, l’un des plus chers de Tokyo, une boutique a fait exactement l’inverse de tout le monde.
À contre-courant de l’hyperchoix qui paralyse autant qu’il libère, Morioka Shoten supprime le dilemme. Plus de « que choisir ? », plus de dispersion. Le visiteur entre, découvre l’œuvre mise à l’honneur, la feuillette, la lit sur place s’il le souhaite, et repart – ou non – avec elle. L’expérience est totale, immersive, presque sacrée. On n’achète pas un livre parmi des milliers ; on rencontre un livre qui a été choisi, pensé, célébré.
Ce choix minimaliste n’est pas un gadget marketing. Il est une philosophie. Dans un monde où l’attention est la ressource la plus rare, Morioka Shoten nous rappelle que la profondeur vaut mieux que l’étendue. Lire vraiment un livre, le laisser nous habiter, en discuter avec d’autres autour d’une tasse de thé dans ce petit espace chaleureux : voilà ce que propose cette boutique. Elle redonne au livre sa dimension d’objet précieux, de rencontre unique, loin de la consommation rapide et oublieuse.
Et le miracle, c’est que cela fonctionne. Depuis dix ans, Morioka Shoten est devenue une référence mondiale, un lieu de pèlerinage pour les amoureux des lettres. Des articles paraissent régulièrement dans la presse internationale, des photos de son intérieur épuré circulent sur les réseaux, et des milliers de visiteurs – japonais ou étrangers – franchissent sa porte vitrée. Preuve que, même à l’ère du tout, tout de suite, beaucoup aspirent à la lenteur, à la concentration, à l’essentiel.
Dans une société qui nous pousse sans cesse à accumuler – livres non lus empilés sur les tables de nuit, séries binge-watchées, flux d’informations ingurgités –, Morioka Shoten est une respiration. Elle nous invite à nous poser la question : et si, de temps en temps, nous nous contentions d’un seul livre ? D’une seule voix pour nous parler vraiment ?
Peut-être qu’en sortant de cette petite boutique de Ginza, on emporte bien plus qu’un volume : on emporte une leçon de sobriété heureuse, un rappel que la vraie richesse n’est pas dans l’abondance, mais dans l’attention portée à une seule chose, pleinement.
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