Dans une époque où l’information est noyée dans le bruit et la confusion orchestrée, Laura Poitras signe avec Cover-Up (co-réalisé avec Mark Obenhaus) un portrait brûlant de Seymour Hersh, ce géant du journalisme qui a révélé My Lai, Abu Ghraib et tant d’autres scandales enfouis par le pouvoir.
À Tokyo, une minuscule librairie défie l’hyperchoix contemporain en ne proposant qu’un seul titre par semaine. Morioka Shoten transforme l’achat d’un livre en expérience, rappelant que la vraie richesse de la lecture réside dans l’attention portée à une seule œuvre plutôt que dans l’accumulation.
En pleine crise démographique – avec seulement 663 000 naissances en 2024 et un indice de fécondité tombé à 1,62 enfant par femme, une étude récente met en lumière le paradoxe cruel de la parentalité en France : un bonheur profond, mais souvent éclipsé par un épuisement extrême.
Les milliardaires français, sentinelles de la guillotine
Xavier Niel, le magnat de Free, vient de s'offrir pour 38,7 millions d'euros le Pavillon de Musique de Louveciennes, ce bijou néoclassique bâti au XVIIIe siècle par Claude-Nicolas Ledoux pour les plaisirs de Madame du Barry, dernière favorite de Louis XV.
Un petit écrin grec antique, tout en colonnes et en symphonies, où l'on organisait concerts et dîners privés – jusqu'à ce que la Révolution française, ce grand égalisateur, ne vienne couper court aux festivités. Et qui dit Révolution dit guillotine, pour la Du Barry comme pour le roi, en 1793.
Mais attendez, ce n'est pas Niel seul qui trempe sa cuillère dans ce pot de miel historique. Selon les murmures du beau monde – et les connexions qui lient les fils des grandes fortunes –, c'est Delphine Arnault, fille de Bernard, directrice générale de Dior et compagne de Xavier, qui aurait discrètement commandé l'affaire. En catimini, comme on glisse un billet de banque dans une pochette Hermès.
Pourquoi ? Pour reproduire, à l'identique, ces soirées somptueuses : opéras feutrés, mets raffinés, et invités triés sur le volet, loin des regards des gueux. Un fantasme d'Ancien Régime recyclé en after-party pour people, avec vue sur les Yvelines. D'ailleurs, le pavillon a servi de décor à une campagne Dior en septembre dernier – coïncidence ? Ou plutôt, repérage en live, avec Delphine aux manettes, testant le terrain pour ses futures bacchanales privées.
Et voilà que l'ironie historique pointe le bout de son tablier ensanglanté. Les Arnault et Niel, ces titans du CAC 40, achètent à tour de bras tout ce qui pue le trône et la pourpre royale. Bernard Arnault collectionne les châteaux comme d'autres les timbres ; Niel, avec ce pavillon, s'invite à la table des favorites guillotinées.
Serait-ce un pressentiment ? Une intuition oligarchique que l'Histoire, cette farceuse, pourrait bien se répéter ? En 2025, alors que les inégalités béantes creusent des fossés plus profonds que la Bastille, et que les Gilets jaunes d'hier préfigurent peut-être les sans-culottes de demain, nos milliardaires se ruent sur les reliques du roi – avant qu'il ne soit, lui aussi, proprement décapité. Mieux vaut posséder le palais que de le voir brûler, n'est-ce pas ?
C'est la leçon de 1789 : investissez dans l'immobilier royal tant qu'il est à prix d'ami (relativement).
On imagine déjà les dîners : caviar Beluga sur fond de Mozart, toasts au foie gras entre deux selfies avec Emmanuel Macron (invité d'honneur, bien sûr). Et si la populace gronde dehors, qu'à cela ne tienne : les grilles du pavillon, comme celles de Versailles, tiendront bien une saison.
Mais gare à l'aube, messieurs-dames Arnault-Niel. La guillotine n'a pas pris de retraite ; elle attend, patiente, dans les plis de l'Histoire. Et cette fois, elle pourrait bien facturer les heures supplémentaires.
En attendant, bravo pour l'achat. C'est chic, c'est historique, c'est... prémonitoire ? La France des Lumières mérite ses ombres portées. Que la symphonie continue – tant qu'elle le peut.
Politologue franco-américaine, spécialiste de la société américaine et des relations franco-américaines. Mon travail et mes personnages sont considérés comme des antidotes aux algorithmes. Je veux déc
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