Cinéma

Mieux que 1984, voici le film (gratuit) « La ferme des animaux » de George Orwell

+1+2+3+4+5

En 2020, tout le monde connait George Orwell, surtout ceux qui ne l’ont jamais lu. Mais l’inconscient collectif est branché sur son œuvre culte 1984 et presque personne ne cite son autre chef d’œuvre visionnaire, « La ferme des animaux ».

En 1954, il y a eu une première adaptation, accessible pour toute la famille (dès 8ans) avec un synopsis simple. « Dans cette société hyper médiatique où les médias forment les opinions et appauvrissent nos visions du monde, prenez les choses en mains en cherchant vous même l’information, construisez vous même votre propre paradigme. »

Ce court roman dont est issu le film, publié après guerre, en 1945, figure dans la liste des 100 meilleurs romans de langue anglaise écrits de 1923 à 2005 par le magazine Time. Découpé en seulement 10 chapitres, il décrit une ferme dans laquelle les animaux se révoltent, prennent le pouvoir et chassent les hommes.



L’Express a publié à l’époque que c’était « un classique doté d’un graphisme magnifique » et Libération écrivait que c’était un film « contre tous les asservissements de l’esprit. »

Et pour une fois, ils avaient raison. C’est sans doute l’une des dystopie les plus importantes du 21e siècle. C’est à la fois l’ultime satire de la Révolution russe et une critique du régime soviétique, en particulier du stalinisme, et au-delà, des régimes autoritaires et du totalitarisme. Comme le disait l’écrivain, plus d’actualité que jamais, « en ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire ».

Malgré tout, ce que le public sait moins c’est que ce film signé par John Halas et sa femme Joy Batchelor a bénéficié des financements de la CIA à des fins de propagande dans le cadre de l’opération Mockingbird. Pour autant l’œuvre reste assez fidèle au roman, à l’exception de la fin du film qui présente une « happy end ». Ce changement à la fin du film était une volonté de la CIA, qui ne voulait pas qu’on assimile le communisme avec le capitalisme, ce que le livre semblait dénoncer.


"L'Homme est la seule créature qui consomme sans produire. Il ne donne pas de lait, il ne pond pas d'oeufs, il est trop débile pour pousser la charrue, bien trop lent pout attraper un lapin. Pourtant le voici suzerain de tous les animaux. Il distribue les tâches entre eux, mais ne leur donne en retour que la maigre pitance qui les maintient en vie. Puis il garde pour lui les surplus. Qui laboure le sol ? Nous ! Qui le féconde ? Notre fumier ! Et pourtant pas un parmi nous qui n'ait que sa peau pour tout bien." "Et c'est de la sorte que furent promulgués les Sept Commandements, en gros caractères blancs, sur le mur goudronné. On pouvait les lire à trente mètres de là. Voici leur énoncé:

1. Tout deuxpattes est un ennemi.

2. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami.

3. Nul animal ne portera de vêtements.

4. Nul animal ne dormira dans un lit.

5. Nul animal ne boira d'alcool.

6. Nul animal ne tuera un autre animal.

7. Tous les animaux sont égaux."

George Orwell
Galerie
Publié le 04/04/2020