Dans une époque où l’information est noyée dans le bruit et la confusion orchestrée, Laura Poitras signe avec Cover-Up (co-réalisé avec Mark Obenhaus) un portrait brûlant de Seymour Hersh, ce géant du journalisme qui a révélé My Lai, Abu Ghraib et tant d’autres scandales enfouis par le pouvoir.
À Tokyo, une minuscule librairie défie l’hyperchoix contemporain en ne proposant qu’un seul titre par semaine. Morioka Shoten transforme l’achat d’un livre en expérience, rappelant que la vraie richesse de la lecture réside dans l’attention portée à une seule œuvre plutôt que dans l’accumulation.
En pleine crise démographique – avec seulement 663 000 naissances en 2024 et un indice de fécondité tombé à 1,62 enfant par femme, une étude récente met en lumière le paradoxe cruel de la parentalité en France : un bonheur profond, mais souvent éclipsé par un épuisement extrême.
Chacun voit ce qu'il croit. Prenons Zoé Sagan : les journalistes le présentent partout comme "publicitaire", quand le président du tribunal lui-même le qualifie d'"écrivain, scénariste, dramaturge"
« Que ce soit le Point, Marianne, France Info et d'autres, l'unanimisme médiatique qui entoure le procès opposant Brigitte Macron à Zoé Sagan est emblématique d'une forme de sécession entre plusieurs mondes qui n'ont plus rien à se dire.
Au tribunal, le décalage sautait d'abord aux yeux dans sa mise en espace : séparés par des cordons rouges infranchissables (les policiers, nombreux, y veillent), le groupe de journalistes amassés devant la salle d'audience n'a manifestement rien à savoir de la "foule bigarrée" (Marianne) venue soutenir les prévenus, ou par simple volonté de comprendre.
Le seul "échange", disons plutôt interaction, qui a lieu lors d'une suspension entre journalistes et "foule bigarrée" est une mise en accusation réciproque : complotistes contre suppôts du pouvoir.
On voyait la colère dans le regard des premiers, le mépris dans le regard des seconds. Dans la salle également, la ségrégation est entretenue : les bancs réservés à la presse, qui peut tweeter en direct et trainer sur les réseaux tandis que les téléphones sont interdits au reste du public, empêche tout brassage.
Ainsi, chacun voit ce qu'il croit. Prenons Zoé Sagan : les journalistes le présentent partout comme "publicitaire", quand le président du tribunal lui-même le qualifie d'"écrivain, scénariste, dramaturge".
La "foule bigarrée" voit et sent toujours ces différences de traitement. Quoi qu'on pense du personnage, quoi qu'on pense de la qualité de ses livres (à propos desquels je n'ai aucun avis), Aurélien Poirson-Atlan a passé plus d'une heure à la barre à évoquer la dimension littéraire de son travail, détaillant notamment son concept d'infofiction couplée à l'intelligence artificielle.
Personne ne demande à quiconque d'adhérer à cette approche de la littérature, seulement de la prendre en considération.
Car ce qui est présenté dans la presse comme un discours "confus" était au contraire un point de vue plutôt argumenté sur le vrai et le faux, la fiction et le réel, la théâtralisation du monde, le personnage fictif de Zoé Sagan n'étant qu'une sécrétion de cette bouffonnerie générale.
🚨 « Que ce soit le Point, Marianne, France Info et d'autres, l'unanimisme médiatique qui entoure le procès opposant Brigitte Macron à Zoé Sagan est emblématique d'une forme de sécession entre plusieurs mondes qui n'ont plus rien à se dire.
Dès lors, la "foule bigarrée" se pose une question légitime : pourquoi aucun média ne choisit de présenter le procès sous un angle différent, celui d'un pouvoir omnipotent qui persécute un écrivain français avec une procédure bâillon ?
Ce sont toutes ces choses racontées nulle part que je m'apprête à évoquer à ma manière dans un article à venir, pour ceux que ça intéresse évidemment. »
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