Art

Mark Even tue et remplace Andy Warhol

+1+2+3+4+5

Quand j’ai rencontré l’artiste Mark Even ma vie a changé. Pas seulement ma vie émotionnelle et philosophique. Il a aussi bouleversé en profondeur tous mes processus de création. Il a brisé tout ce que je pensais savoir. En douceur, sans avoir l’air d’y toucher. Calmement mais avec une rapidité hors norme, il m’a emmené ailleurs sans avoir à bouger.

C’est lui qui m’a fait dire un jour : « Est-ce que la France à une Banksy de la littérature Zoé ? Non. Alors continue de faire tes livres comme il fait ses graffitis. Quand il fait de la peinture au pochoir toi tu fais des aphorismes à l’acide. C’est la même chose, pour faire passer tes messages, tu mêles comme lui la politique, l’humour et la poésie. Vos œuvres sont l’une comme l’autre humoristiques et libertaires et vos personnages sont souvent des personnages célèbres. »

Mark Even lui c’est bien plus sérieux que moi ou Banksy. C’est pourtant le plus jeune d’entre nous mais il est au dessus. Il nous regarde d’en haut. Mais jamais avec condescendance. Au contraire. Il passe son temps à nous renseigner sur ses avancées.

A l’origine, j’avais été en contact avec Mark Even grâce à APAR.TV parce que j’écrivais à l’époque un essai sur le Repository For Germinal Choice, basé à Escondido en Californie, et connu pour être LA banque de sperme pour Prix Nobel (comme par exemple, William Shockley, prix Nobel de physique). Mark Even était l’un des derniers enfants conçu avec l’un des dépôts de la banque créée par Robert Klark Graham, un milliardaire américain qui rêvait de sauver l’humanité (si vous voulez maintenant en savoir plus, c’est public.)

Notre première rencontre a donc été numérique, sur Facetime. Étant incarcéré dans une petite prison Fédérale américaine, faite uniquement pour les personnes reconnues coupables d’infractions numériques, il m’avait dit être dévoué à passer tout son temps sur ses projets conceptuels. Il voyait sa cellule et plus largement sa prison de BALSEC ONE comme son Marfa. Donald Judd avait eu Marfa, et lui et ses compagnons de prisons avaient leur BALSEC : GloBAL SECurity.

Mark Even, je tiens à la rappeler, est né en 2000. Pour ses 12 ans il a reçu en cadeau une copie signée de HOLY TERROR qui a changé sa vie. Ce livre sur Andy Warhol signé par Bob Colacello, éditeur du Magazine Interview dans les années 70 lui a fait réaliser qu‘il voulait être le plus abstrait et le plus disruptif des artistes du 21è siècle. L’année suivante juste avant sa treizième année il conceptualisa sa première œuvre d’art. Depuis son travail n’a eu de cesse d’être un commentaire sur la transformation de l’objet d’art à partir d’une déclaration philosophique ou théorique, se transformant en instrument financier.

Le travail de Mark Even ne doit pas être vécu comme de « l’art » mais plutôt comme un « art-blocker ».

Sa dernière œuvre fait référence au livre culte « Front Room, Back Room », dont le titre décrit l’architecture du club Max’s Kansas City à la fin des années 1960. À l’avant, les artistes sérieux (pour la plupart hétéros); à l’arrière, les queers sous amphétamines, éclairés par le halo rouge ardent d’un néon de Dan Flavin.

Cette négociation entre ces deux salles, ces deux mondes sont un compromis entre la capacité à trouver du plaisir, sinon de la paix, dans les deux. Et Mark Even a au l’intuition que tout ce qu’il s’est passé dans le monde d’important s’est passé dans une backroom.

Mark Even tue et remplace Andy Warhol. Le Warholisme est mort, vive l’Evenisme.

En revenant à l’origine du virus Andy Warol il déconstruit un demi-siècle d’impostures esthétiques. Le virus qu’il appelle « Andy1Warhol1 A1W1 » est responsable selon lui du réchauffement culturel.
Selon lui, le patient zéro indique la source de la maladie. Prenons pour exemple la banane d’Andy Warhol présenté en 1967, plus de 50 ans donc avant la banane de Maurizio Cattelan.

C’est cette banane qui a rendu Andy Warhol internationalement célèbre comme le pionnier du pop art américain. Produit à l’origine pour la couverture du premier album de The Velvet Underground & Nico, l’image de la Banana a été reproduite pour créer plusieurs œuvres d’art, devenant l’une des icônes les plus célèbres de l’histoire de l’art américain.

Cette banane était le patient zéro, le cas d’origine. Ensuite une contagion culturelle a eu lieu pendant plus d’un demi-siècle. Pour en arriver à une banane à 120 000$ scotché à un mur blanc et signé par Maurizio Cattelan.

Mark Even arrive enfin avec l’antidote. J’ai réussi à avoir deux visuels de cette pièce. Le premier visuel montre l’œuvre dans son espace de travail au cœur de la prison de BALSEC ONE et la seconde image a été immortalisée dans une galerie privée en suisse.

Galerie
Publié le 22/03/2020