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Quand les artistes se vendent eux-mêmes sur internet

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A l’heure où les éditeurs ou les maisons de disques n’ont plus un centime pour développer des talents et parfois même pour simplement en faire la promotion, les artistes s’organisent pour se débrouiller seul avec leur public.
Marre sans doute d’entendre « désolé restriction budgétaire », « vous savez c’est la crise pour tout le monde en ce moment », « c’est un projet génial mais j’ai pas de budget en ce moment », « vous savez en période de récession c’est la communication qui en prend un coup la première.»
Les artistes se relèvent donc les manches, et comme tout se vend et tout s’achète, ça reste une manière douce et sympathique de se prostituer tranquillement et surtout légalement.
Imaginez dire à votre patron, « je viens de penser qu’un déjeuner avec moi, va vous coûter 2000 euros, mais attention, à la fin du repas vous aurez le droit de m’entendre pousser la chansonnette. »
C’est l’idée de la chanteuse Soko qui vient de mettre en ligne un crowdfunding personnalisé, réinterprété, pour pouvoir sortir son album de manière indépendante.
Dans le détail, pour 45 euros : vous recevrez pendant toute une journée des photos sur votre compte instagram.
Pour 100 euros, vous avez le droit à quinze minutes avec Soko via un chat.
Pour 144 euros : la chanson favorite de votre choix écrite à la main.
Pour 450 euros, elle vous invite à une pyjama party à Paris ou Los Angeles.
Pour 1795 euros, vous aurez le droit à une journée entière à Disneyland Paris.
Pour 4 500 euros : elle vient directement jouer la DJ à votre teuf.
Pour 45.000 euros, l’artiste enfilera une robe blanche pour un « faux mariage ».
Et pour 45.000 euros elle fait quoi Soko ? Si tout à un prix, après le mariage on a le droit de consommer en sortant son chéquier ?

Parallèlement et plus sérieusement, un célèbre écrivain vient aussi de se mettre indirectement en vente. Pour la modique somme de 473 000$, un lecteur s’est offert avant sa sortie officielle l’exemplaire unique du livre Private Vegas (de l’écrivain James Patterson) qui s’autodétruira en 24 heures après qu’il ait été ouvert. En bonus l’heureux acquéreur s’est vu offrir une paire de jumelles en or dans un boîtier fin en cuir gravé avec les initiales de Patterson plus évidemment, c’est le minimum, un dîner avec l’écrivain et la série Alex Cross que l’auteur a sérigraphiée. Plus des billets d’avion en première classe dans un lieu secret ainsi que deux nuits dans un hôtel de luxe.

On pourrait alors s’imaginer décliner le concept chez tous les hommes politiques qui ont besoin de renflouer leur partis. Nicolas Sarkozy offrirait alors un footing privé pour 10.000 euros. Jean-Luc Mélanchon, un apéritif très arrosé à l’extrême gauche d’un comptoir pour 200 euros. Et François Hollande, une soirée libertine avec de jolies comédiennes à l’Elysée pour 0,1% de la dette d’Etat.
Et si on suit ce chemin, pourquoi le citoyen lambda ne pourrait-il pas aussi proposer ses « services » pour se faire remplacer la machine à laver ou l’aspirateur du foyer ? Une soirée « télé » avec une mère de trois enfants contre l’achat d’une machine à café ou encore un week-end entier à faire du skate avec un adolescent contre une PS4. Allons plus loin encore. Pourquoi ne pas financer l’arrivée d’un nouveau né. « Votre nom tatoué sur notre enfant contre l’achat de deux ans de couches culottes ». Ou « Nous donnerons votre prénom à notre enfant contre la paiement de ses études supérieures ».

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Publié le 27/01/2015