Art

Le sexe nihiliste du Humping Pact

+1+2+3+4+5

Selon ses deux auteurs, The Humping Pact (ou vous laisse la joie de la traduction) est « un acte suspendu de persistance affirmative. Une méditation de philosophie aesthétique sur le désire humain de croire au futile et de concevoir l’impossible. » Une explication sibylline s’il en est. On pourrait aussi y voir un pur acte bestial de fornication. Une extrapolation des travaux de Spencer Tunick. Une illustration de la vacuité.
En fait, on pourrait voir à peu près ce qu’on veut, puisque une foule d’hommes nus qui baise du vide, reste l’image de fornication nihiliste la plus ouverte à interprétation.

Et cette folie artistique, on l’a doit à Diego Agullo et Dmitry Paranyushkin. Mais plus qu’un acte artistique, les deux hommes ressemblent à des Tyler Durden en puissance. The Humping Pact est une communauté. Un mouvement dans lequel on s’inscrit pour des opérations (ou missions, comme les auteurs les nomment eux-mêmes) éphémères et sans suite. Un peu à la manière des Anonymous. Mais nihilistes.

Le lieu est aussi, peut-être plus, important que les protagonistes dans cette démarche. C’est ce lieu qui se fait pénétrer. Souiller. Aimer. Malmener. Ce sont toujours des lieux vidés de leur sens, abandonnés, laissés pour compte. Comme si le frottement des corps aller redonner vie aux murs. Tout comme le mouvement hédoniste et noctambule de la fin du XXème siècle croyait que la multiplication des partenaires pouvait donner un sens à l’existence (ce qui est faux, tout autant qu’un partenaire à vie. Déchargeons nos partenaires de l’obligation de donner un sens à nos vies).

Sinon, toutes ces réflexions peuvent aussi être considérées comme désuètes et the humping pact est peut être simplement un gros délire. Et si vous aussi vous avez envie d’aller frotter votre pénis sur du béton ou de la tôle rouillée, le prochain happening aura lieu à Bruxelles en octobre prochain et pour s’inscrire, c’est par que ça se passe.

Galerie
Publié le 20/07/2012