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Le futur appartient déjà à Google

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Google va commercialiser son smartphone en kit dès 2017. Présenté sous le nom de code « projet Ara ». Et comme avec des Lego, l’utilisateur va assembler avec des électro-aimants des modules de différentes couleurs et fonctionnalités : appareil photo grand angle, capteurs, haut-parleur ou même une boîte pour ranger les médicaments.
Ça n’a l’air de rien et pourtant…Un signe supplémentaire d’un nouveau monde en préparation que nous avons nommé ici : SUBURBANISM: The Soft-Carpeted World.

Pour mémoire, Facebook City. Une preuve de plus que le Suburbanism est plus qu’une simple théorie. Les banlieues du nord de la Californie sont la capitale mondiale de la culture. L’Apple Campus 2 (Inifinity Loop) en construction à Cupertino, Californie, est maintenant le projet Zee-Town financé par Facebook et pensé par Franck Gehry, sont les composantes d’une culture digitale du 21ème siècle parfaitement pensée, qui remplace l’idée et la mythologie de la communauté créatrice.
Ce lien historique entre un groupe d’artistes et une zone urbaine ruinée et sous-cotée dans laquelle leur élans artistiques naissent et grandissent, c’est non seulement de l’histoire, mais aussi la pire des nostalgies. C’est ce principe mondial qui est le cœur de toute la machinerie de la propagande du monde de la mode.

De SoHo à New-York, à Williamsburg&Bushwick à Brooklyn, en passant par Shoreditch, Hoxton et Spitafields à l’est de Londres, et maintenant DTLA au centre-ville de Los Angeles, cette histoire de plus de cinquante ans, d’enclaves urbains où de jeunes artistes rebelles et visionnaires se rencontrent et génèrent les idées novatrices qui maintient la culture en vie et en mouvement, est devenue un mythe. Ce processus urbaniste est maintenant industriellement financé et géré pour créer une ghettoïsation de la culture, pour son contrôle, son développement et sa distribution.

La culture, qui grandit dans un rapport inter-individuel et la compétition, et qui a donné les idées les plus innovantes, a désormais été remplacée par une multitude de plates-formes et des collections de données par les employés (supposément) d’Apple et Facebook, qui agissent comme des agents de surveillances pour des entreprises cachées et des gouvernements.
Le siège de CCTV (China Central Television), designé par Rem Koolhaas à Pékin,est absolument identique, dans son programme et son objectif, à l’immeuble de la Fondation Louis Vuitton, pensé par Franck Gehry, à Paris.
Cet objectif, c’est le modelage d’une identité humaine unique, programmé par les communication et les spectacles, avec pour seul but, une addiction totale aux célébrités suburbanist et à la consommation par les marques, le tout pensé comme un loisir. L’alchimie culturelle de Marcel Duchamp a été écrasée par la sorcellerie de Mickey Mouse.

Kris Kardashian à le même rôle dans ce début de 21ème siècle qu’Andy Warhol au 20ème siècle, c’est-à-dire définir la hiérarchie de l’intégration suburbanist. La transformation de qui décide ce qu’est une révolution culturelle et qui est ou non une icône culturelle. Ça s’est produit si rapidement, et avec toute l’aide des mondes de la mode, de l’art et du sport, que très peu de critiques se sont rendues compte, ou plutôt, n’ont pas voulu analyser ce qui se passe, de peur de ne plus être invitée aux grandes fêtes des suburbanist.

Tim Cook, Mark Zuckerberg, Bernard Arnault, François-Henry Pinault, Jonathan Newhouse, Anna Wintour, Graydon Carter, Jack Dorsey, Kevin Systrom, Benjamin Eymere et des centaines d’autres forment une matrice organisationnelle qu’on peut nommer : The Suburbanist International. C’est évidemment un clin d’oeil aux Situationist International. L’univers des Situationnistes était une dérive urbaine et la contre-culture : ne jamais travailler. Alors que les Suburbanist qui se trouvent dans les campus corporates de haute sécurité en Californie, se rendent indispensables au-delà de la contre-culture.

L’Apple Campus 2 et la Zee Town de Facebook sont pensés comme la vision originale des Suburbanist International, qui est celle de Walt Disney, avec la construction de Disneyland. « Le lieu le plus joyeux du monde » à Anaheim en Californie, qui a ouvert en 1955, ainsi que le second lieu de propagande et de contrôle de la culture, de Walt, le Walt Disney World ouvert en 1971 à Bay Lake, en Floride.

La 87ème cérémonie des Oscars, et toutes ces fêtes avant ou après la cérémonie, se sont tenues le week-end dernier à Los Angeles, et si vous lisez la presse people pour savoir qui était présent, vous verrez Tom Ford (qui tenait son défilé femme Automne-Hiver 2015 quelques jours plus tôt à Los Angeles), le chief designer d’Apple, Jonathan Ive, Jay Z, le directeur du Musée d’Art Contemporain de Los Angeles, Philippe Vergne, et tout un parterre de top models. Le tapis rouge et les logos répétés indéfiniment sont le théâtre du contrôle global.

Passer de la recherche personnelle de la nature radicale du paysage urbain, à la scène écrite, castée, enregistrée et distribuée des Suburbanist International, c’est exactement ce qui se cache derrière Disneyland, Disney World, l’immeuble CCTV, le musée de la Fondation Louis Vuitton, l’Apple Campus 2 et la Zee Town de Facebook. Depuis le lieu le plus joyeux du monde de Disney à la chanson de Pharrell William, Happy, nous sommes tous témoins du glissement drastique d’une culture cherchant à créer une connaissance plus profonde du monde, vers un monde programmé pour l’auto-satisfaction. Un monde qui ne propose plus qu’un seul choix : celui de décider ce en quoi nous croyons. Et ce choix s’exprime et se définit par un simple mot : Like. Aucune autre opinion ne sera tolérée…

"In a metaverse FASHIONWORLD is irrelevant. It is THEN AND THERE, a closed system of what was and where to purchase its copy.
Relevance is HERE AND NOW. FASHIONWORLD is based on an infinite series of promises. What is relevant are solutions and the truth is FASHIONWORLD does not offer any solutions."
Steve Oklyn.
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Publié le 22/05/2016