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Comment les réseaux sociaux ont tué une génération en ludifiant le capitalisme ?

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Les réseaux sociaux sont toxiques. Les réseaux sociaux sont addictifs. Les réseaux sociaux gagnent toujours. Ils transforment votre vie en une grande loterie qui ne s’arrête jamais. Vous êtes tous de plus en plus dans le besoin, de plus en plus distraits et improductifs. Plus les connexions augmentent plus vous êtes anxieux et déprimés – et donc mieux préparés – parce qu’extrêmement sensibles – à la publicité. Suivez mon regard.

Ces laboratoires virtuels sont en train de fumer le peu d’esprit critique qu’il vous reste. Toutes les notifications que vous recevez sans cesse sont là pour alerter le centre de récompense de votre cerveau. Comme ça, dès que les métriques vous montrent qu’elles ne vous sont pas favorables, vous vous sentez mal. Comme face à une machine à sous qui avale toutes vos pièces.

Ces applications ont ludifiées le capitalisme pour entamer sa phase terminale. On soigne les joueurs mais pas les junkies des réseaux sociaux. Et cela me semble grave parce que ce bandit mancho qui ne vous quitte jamais est en train de transformer une génération entière en toxico des réseaux.

Dans cette nouvelle dépendance aux médias sociaux il y a une force d’auto-médication pour la dépression comme si c’était un moyen de mieux se prendre en main aux yeux des autres. C’est évidemment une illusion. La promesse de plaisir vendu par les réseaux sociaux est un mirage. Ils déguisent juste vos pertes en victoire.

Quand vous faites un post ou un tweet, c’est toujours un pari. Vous ne savez jamais à quelle sauce vous allez être mangés. Vous n’avez pas le contrôle sur le contexte dans lequel il sera vu et compris. C’est donc à chaque fois un nouveau pari. Ce que vous demandez à chaque post, à chaque tweet c’est un verdict. Vous voulez être jugés.

Dès que vous terminez votre travail, ou alors pendant une réunion ennuyeuse ou n’importe quelle situation sociale anxieuse, vous vous connectez pour rentrer dans une zone hors sol et totalement intemporelle.

Cette machine à sous en permanence dans votre main est en train de vous faire tout perdre. Les casinos avaient besoin de cacher la lumière pour faire perdre toute notion du temps à ses utilisateurs ; qu’est-ce que fait de plus votre téléphone que de vous cacher la lumière ? Autrement dit, la Machine n’a plus besoin de bloquer les fenêtres, c’est ce que fait déjà votre écran, il filtre la lumière du jour.

Toutes les expériences des utilisateurs des plateformes ont été organisées comme un flux sans fin, un tourbillon d’informations, semblable à une transe.

Vous pensez que vous interagissez avec vos amies, vos relations professionnelles et autres plans cul susceptibles de vous divertir, mais en fait c’est totalement faux, vous interagissez avec la Machine.

La dépendance aux médias sociaux est associée à une augmentation de la dépression. L’interaction avec les plateformes est en corrélation avec une baisse importante de la santé mentale, tandis qu’une durée accrue de l’écran contribue à une augmentation récente du nombre de suicides chez les adolescents. Ça, c’est les faits.

Partons du principe que Facebook comme Twitter sont les premiers projets d’écriture collectifs en direct live et en public. Alors avec les réseaux sociaux tout le monde est devenu « écrivains » grâce à des machines faites pour vous rendre toxicomanes puisqu’elles utilisent des techniques de manipulation comme si vous étiez des souris ou des rats à qui l’on offre des récompenses et des punitions.

Ce qui est brillant c’est que la machine arrive à ne rémunérer aucun « écrivain ». Comment cela est-il possible ? C’est simple : la machine offre des likes, des partages et de l’attention. Au 21ème siècle, ça vaut apparemment plus qu’un salaire, pourtant personne ne peut se nourrir avec des datas.

Comme tout le monde est écrivain et que personne n’écrit pour gagner de l’argent alors pourquoi continuer ? Juste pour avoir la satisfaction d’être lu.

Le contenu de ce que vous dites importe peu pour les plateformes ; l’important pour eux, c’est que vous génériez des données. Les données sont l’une des matières premières les plus rentables jamais découvertes. Comme sur les marchés financiers, la volatilité ajoute de la valeur. Plus il y a de chaos, mieux c’est.

Et ce que vous devez retenir c’est que la machine vous traite comme des toxicomanes. Depuis le premier jour. Depuis la première prise. La dépendance est délibérément le modèle de votre relation avec la Machine.

Même si il est vrai que c’est la dose, et non la substance, qui fabrique le poison. Chaque chose, si elle est prise au-delà de sa dose, devient un poison. A savoir maintenant quelle est la dose maximum à vous administrer pour ne pas tomber accroc ? Vous devriez plancher sur le sujet.

Imaginez maintenant votre téléphone portable comme un bandit manchot. A chaque fois que vous ouvrez une application comme Facebook ou Twitter, c’est comme si vous faisiez tourner la machine à sous. Et les réseaux sociaux marchent comme pour les casinos : la seule façon de gagner, c’est d’acheter le Casino ou les réseaux sociaux. Sinon vous ressortirez forcement perdant et vous rentrerez chez vous sans rien. Mais les réseaux sociaux valent un milliard de Casino. Personne ne peut donc en être propriétaire. Personne en même temps ne joue vraiment pour gagner. Quand vous jouez par exemple sur une machine, votre objectif sans le savoir est de rester en contact avec.

Avec les réseaux sociaux, c’est exactement la même chose. Vous grattez quelques mots, quelques symboles puis vous appuyez sur « Envoyer » pour lancer les dés ou la roulette. Retenez que, grâce à l’invention du bouton Like, les utilisateurs jouent à chaque fois qu’ils postent.

Pour finir, vous devez aussi savoir que presque toutes les personnes qui tentent de quitter les médias sociaux échouent. Par contre, le peu qui y arrivent sont généralement plus heureux, aussi heureux que peuvent l’être les abstinents et moins intéressés à savoir ce que les autres pensent d’eux.

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Publié le 30/08/2019