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Matthieu Pigasse et le fils de Bizot relancent ACTUEL. Au programme, nostalgie et népotisme.

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Le banquier Matthieu Pigasse, cerveau gauche de Xavier Niel, et Julien Bizot, le fils du fondateur d’Actuel, relanceront la marque ACTUEL en 2017.
Derrière cette annonce qui peut paraitre anecdotique il y a en réalité toute l’ironie et le cynisme de notre siècle.
La solution du monde des médias étant de compter sur le passé grâce à la NOSTALGIE (ACTUEL est un magazine fondé en 1967) et au NÉPOTISME (Julien Bizot, héritier et fils de..) au lieu d’affronter le présent pour créer un futur pertinent.
Autrement dit, re-publier ACTUEL en 2017 est aussi pertinent pour la jeunesse que de confier le pays à Alain Juppé.

Mathieu Pigasse a pourtant les moyens sur son simple compte en banque de créer des dizaines de nouvelles marques médias. Mais apparemment il n’a pas beaucoup d’idées originales alors il achète les souvenirs nostalgiques de sa jeunesse. Du Monde à L’Obs en passant par Les Inrockuptibles, Nova et maintenant Actuel. Les marques médias qui devaient le week-end lui faire oublier qu’il était banquier d’affaires. Et que derrière le costume Prada se cachait en fait un punk au grand cœur, prêt à foutre le feu et à claquer une révolution entre deux comptes de résultat.
Comme un adolescent boulimique en pleine crise d’achat compulsif dans une usine Haribo, Mathieu Pigasse achète tout ce qui lui semblait cool…au XXe siècle.

Le problème, c’est que Jean-François Bizot doit se retourner actuellement dans sa tombe, espérons que personne là-haut, ne lui annoncera la nouvelle :
-Quoi un banquier à la tête d’Actuel ? C’est une mauvaise blague ?
-Non, c’est le monde en 2016.
-Mais pas en France? Pas sous un gouvernement socialiste ?
-En fait, pour être tout a fait honnête avec toi, il y a plus que 6 ou 7 milliardaires qui contrôlent la totalité de la presse.
-Non mais tu me parles de la Corée du Nord là ?
-Non je te jure, on a tous du mal à comprendre comment tout ça est légal.
-Tu as gobé de l’acide ou quoi ?
-Ça aussi c’est terminé Jean-François, tu devrais oublier ce que je viens de te dire, je ne veux pas t’empêcher de te rendormir en paix…

Trêve de plaisanterie. On remarque que les faux dieux actuels de la culture contemporaine en particulier à Paris voient chaque jour l’affaiblissement de leur influence.

Leur monde promeut des idées progressistes tout étant fondamentalement régressif. La génération des baby-boomers qui possède et exploite le monde des médias est encore intérieurement jeune dans sa pensée mais ses perspectives d’ouverture sont, à leur image, ridées, décrépies, corrompues et condamnées.

Nous sommes dans une ère de rupture qui prend la forme d’une décadence culturelle, à la fois politique, morale et écologique.
Forcement, nous commençons à être émotionnellement épuisés par l’appauvrissement et la destruction de la civilisation occidentale.
Tout ce que nous voyons est commercial. Ils représentent tous le commerce et n’ont pas d’âme. La totalité des personnes et sociétés impliquées sont organisées comme un virus. Ce virus agit comme une propagande culturelle. L’attribut dominant de cette infection culturelle est un état délirant de l’importance de soi. Il est le code de contrôle culturel de cette époque. Le résultat de 50 ans d’infection culturelle.

L’héritage médiatique et politique laissé par les baby-boomers poussera, selon nous, de plus en plus la jeunesse à transgresser les règles établies par ces derniers.
De l’Islande avec la création d’un parti pirate en passant par Hong Kong et les défiances face au parlement, sans parler des désirs d’indépendance de la Californie après la victoire de Trump. Le monde de l’orient à l’occident est en train de trembler.

Il fallait s’y attendre, après le Brexit, la victoire de Donald Trump aux commandes de la deuxième puissance mondiale, la corruption politique en forte hausse, le contrôle de la totalité des médias par une poignée de milliardaires, le népotisme et la nostalgie permanente comme seul perspective d’avenir, le réchauffement climatique et culturel, la dette publique, l’explosion du chômage, l’injustice sociale, l’écart des revenus, les discriminations sexuelles et raciales, bref, une jeunesse asphyxiée, qui étouffe de partout.

Il ne restait que deux solutions possibles. Le suicide ou la rébellion. Quitte à être déjà proche d’une petite mort, autant tout tenter pour sauver ce qu’il reste à sauver. La vie.
Nous venons de rentrer dans une phase pré-révolutionnaire où la génération des Baby-boomers joue son dernier morceau. Dernier tour de piste donc pour toute cette génération que personne n’arrive à virer depuis le début du siècle. Forcement, ils ont une santé de fer, de l’argent à en crever, et détiennent la totalité du monde des médias et de la publicité.

Aux États-Unis, voici qu’une étude a montré que les millenials sont aujourd’hui plus nombreux que les baby-boomers. Et ce qui est le plus « drôle » c’est que la population la plus large démographiquement soit aussi la moins bien représentée.
C’est une équation impossible à résoudre pour tous les vieux messieurs qui doivent continuer de payer beaucoup d’impôts locaux sur leurs villas secondaires.

Il faudra messieurs, choisir un jour, entre vos vacances à Courchevel et à Ramatuelle. Peut-être même qu’il faudra vendre l’une des maisons, parce qu’à la vitesse où ça va, vous risquez de vous faire sortir par ceux qui encore il y a peu lavaient vos toilettes contre un pourboire de fin d’année.
A avoir étranglé le monde des médias et de la publicité pendant toute une génération, il fallait bien s’attendre un jour ou l’autre à un retour de bâton.

Une chose est certaine. Les enfants du XXIe siècle seront moins bien protégés que les générations précédentes. Tous l’ont compris. Le poing serré et le majeur tendu vers le ciel, les nouvelles générations n’ont plus rien à perdre face à ce vieux monde poussiéreux.

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Publié le 18/11/2016