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Ce que révèle le #JeremstarGate sur l’état de notre pays

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Tous les adolescents français sont en train de débattre du #JeremstarGate dans toutes les cours de récréation du pays et paradoxalement, très peu de médias osent se positionner pour révéler ce que cache cette affaire sordide.

De mémoire, jamais les enfants au XXIe siècle n’auront eu une telle prise de conscience sur leurs réseaux sociaux. Les jeunes ont la sensation sur Twitter et Snapchat qu’un petit gang très influent se protège mutuellement. Alors ils se sont organisés pour se faire justice eux-mêmes, comme dans la série Stranger Things, non pas pour combattre un monstre venu d’un autre monde, le leur est plus réel, plus contemporain, puisqu’il est un simple journaliste de Radio France aidé par un ami blogueur analphabète.

Le plus étonnant, c’est que les médias sont presque tous muselés, et les ados viennent de le comprendre et se questionnent entre eux. Qui est financé par qui? Qui est ami avec qui? À l’ère du tout informatif, qui décide de ce qui vaut la peine de prêter attention et pourquoi?
Résultat, chaque minute des tonnes de tweet affluent des cours de collège et de lycée. C’est un cas d’école sans précédents et personne ne le relève.

Quand on regarde de prés ce que se raconte cette jeunesse, on comprend avant tout qu’ils se posent des questions sur le fait que les médias ne parlent pas de « l’affaire ». En se répondant en substance que tous les médias français n’appartiennent plus qu’à six ou sept vieux messieurs qui s’autorisent à la censure, et qui sont d’ailleurs les mêmes qui emploient les hommes accusés d’être amateurs de jeunes garçons comme JeremStar, Jean-Marc Morandini, et ce sont encore les mêmes qui diffusent les images de propagandes réalisées par Mario Testino ou Bruce Weber, eux-mêmes accusés d’agressions sexuelles envers de jeunes garçons.

Bref, comment ne pas réagir quand des plaintes ont été déposées pour viol aggravé sur mineur, corruption sur mineur, atteinte sexuelle sur mineur, recours à la prostitution de mineur, le tout sous aggravation de faits commis en bande organisée ?

Comment rester silencieux quand l’une des victimes témoigne : « Pascal Cordona devenait très grossier. Il m’a dit que si je voulais revenir à ses soirées, il fallait passer dans son lit. Il me promettait en échange de m’aider dans la vie. Mais je n’avais pas du tout envie. Dans la nuit du 16 au 17 février 2016, je ne sais pas ce qui s’est passé, je me suis réveillé dans sa chambre, il était en train de me faire une fellation. Je me suis défendu, je suis parti, en état de choc. Il était 4 heures du matin, j’ai marché le long de la route jusqu’à la gare de Nîmes. J’ai attendu le premier train en chialant. »

Comment ne rien dire quand l’avocat de la première victime à avoir porté plainte explique aussi avoir reçu le jour du dépôt de la plainte, « plus de 70 appels anonymes de menaces, me demandant d’arrêter la procédure » ?

Est-ce bien sérieux de conserver le silence quand une deuxième victime accuse le proche de JéremStar en expliquant avoir eu une relation sexuelle tarifée à 14 ans avec celui-ci. Expliquant cette fois, «il a réussi à me manipuler, à faire que j’aille toujours dans son sens, c’était une véritable pression psychologique. […] A chaque fois, un jeune y passait, lâche Jason. Il avait toujours une cible, soit qu’il avait amenée, soit qu’il choisissait parmi les garçons qu’il nous demandait d’inviter : il se servait de nous comme appât. […] «Il y avait de l’alcool à chaque fois. Mais parfois on en buvait peu, et on avait des trous noirs, on oubliait ce qu’il se passait. […]Les relations sexuelles étaient «souvent» rémunérées avec de l’argent. «Parfois» en nature : «Il nous donnait un iPhone, un iPad, ou nous promettait de rencontrer Jeremstar ou d’autres personnalités de la téléréalité. »

Bien sur que la présomption d’innocence doit-être sauvegardée mais comment rester en retrait quand de vieux messieurs utilisent le réseau d’un bloggeur pour enfants afin de rameuter de la chair fraiche pour leurs soirées privées ? Le tout filmé par eux, sans gêne, loin de penser qu’un jour tout ce manège pervers se retournerait contre eux tel un serpent qui se mort violemment la queue.

Pour les jeunes, suivre le #jeremstargate c’est mieux qu’une série à scandale signée Netflix. Pour leurs parents par contre c’est l’effarement puisqu’ils découvrent ce que regardait leurs enfants une fois sortis de l’école.

Le problème n’est pas de savoir qui a violé qui ou qui est complice de quoi. La justice est là pour ça. L’essentiel à savoir pour l’instant c’est que des pré-adolescents étaient confrontés sur leur réseaux sociaux à un trentenaire et un quinquagénaire d’une vulgarité effarante où les allusions pédopornographiques était glissées comme si de rien n’était au visage de millions adolescents. A voir les vidéos de cette petite bande organisée, difficile de rester de marbre. Surtout quand l’un d’eux ose : « avec Jerem Star je me fais remplir le réservoir. On profite de tout », ou encore quand JeremStar sans honte hurle à un jeune adolescent : « mais ferme ton avale bite salope ».
Ce sentiment immonde laisse aux adolescents un goût amer qui peut leur laisser sous entendre qu’il y a une justice à deux vitesses. Où certains peuvent abuser paisiblement de pré-adolescents sans être inquiétés.

Les deux seuls défenseurs publique de ce blogueur sont des employés de Vincent Bolloré, Cyril Hanouna et Thierry Ardisson, amateur devant l’éternel de partouzes dans des clubs échangistes, qui n’est aujourd’hui rien de plus qu’un « romancier frustré qui souhaite à tout prix occuper une place sur votre étagère » comme le dévoile son ami Beigbeder dans son dernier roman. Celui-ci ajoutant que « Thierry rêvait d’être écrivain et rien de ce qu’il prononce n’est de lui : ses promoteurs, ses blagues et ses questions sont rédigées par des pigistes. Tout ce qu’à fait Thierry Ardisson, depuis trente ans, c’est lire des textes écrits par d’autres. »
Encore une belle vision de l’amitié entre Ardisson et Beigbeder. A l’image de Pascal Cordona et JeremStar qui se désolidarise totalement de son compagnon de toujours sur les conseils de son avocat. Ce monde médiatique est une illusion hypothétique qui chaque jour enfonce un peu plus loin le dernier clou dans son cercueil.

En fait ce monde de privilèges odieux, d’abus de confiance, de manipulations ou encore de partouzes sous GHB est déjà terminé. Il n’existe plus que dans leur mémoire de vieux dégueulasses qui n’intéressent aucun enfant né au XXIe siècle. Ils n’existent déjà plus et c’est bien ce qui les rend tous malades. Apparemment au propre comme au figuré.

A voir Jack Lang (dont tout le monde connaît son amour pour les adolescents marocains) qui défend aimablement Woody Allen, lui aussi accusé par sa fille adoptive qui avait 7 ans lorsque le metteur en scène l’a faite venir dans le grenier de leur maison de campagne du Connecticut. « Il m’a dit de m’allonger sur le ventre et de jouer avec le train électrique de mon frère qui était installé là. » Après quoi, il s’est assis derrière elle. « Et il m’a agressée sexuellement. » Les baby-sitters avaient reçu de Mia Farrow la consigne de ne pas laisser la fillette seule avec le réalisateur.

Dans un autre genre, tout le monde se souvient aussi de l’animateur Jean-Marc Morandini, qui est toujours à l’antenne, alors qu’il est mis en examen pour “corrup¬tion de mineur aggra¬vée”. Pour mémoire, l’homme a abusé de sa position médiatique dominante pour obtenir des faveurs sexuelles de la part d’adolescents. Par exemple, l’un a témoigné,  » il m’a demandé de me masturber devant lui, étant donné que j’allais devoir le faire devant un photographe ». « Tout en baissant son pantalon, il m’a demandé s’il pouvait également se masturber », « Il m’a ensuite demandé de venir lui faire une fellation ». « J’avais peur », poursuit-il. « Je ne pouvais de toute manière pas fuir étant enfermé dans la radio, ni hurler étant seul. Tout cela s’est joué en quelques secondes dans ma tête. J’étais petit, je pesais 40 kg à peine, et il était face à moi, imposant comme un ogre. »

Mais le plus terrible, si tant est qu’il puisse y avoir une classification dans l’horreur, c’est que ce sont toujours les mêmes méthodes, toujours la même façon de procéder, de JeremStar à Mario Testino, de Jean-Marc Morandini à Bruce Weber, en passant par Woody Allen, les témoignages se ressemblent tous et les seuls perdant sont toujours les enfants qui ont été abusés.

Puisque la culture française en 2018 utilise encore le sexe comme une position culturelle dominante, il ne nous reste plus qu’à espérer que ces affaires sordides éclairent enfin les consciences des médias dominants en place et leur responsabilité envers les jeunes générations.

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Publié le 24/01/2018