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Petit Bateau – Petit Mytho

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Le réalisateur Patrick Daughters vient de signer un film de propagande aberrant pour la marque Petit Bateau. Même si l’objectif de départ est rempli, à savoir, mener, tranquillement, parents et enfants, en bateau. L’idée ? Mettre en scène « la mini usine secrète Petit Bateau. Pour les enfants, les vrais. » Et c’est cette dernière phrase qui nous a fait avaler de travers ce matin. Existe t-il de faux enfants? Et si oui,  ceux-là sont-ils  acceptés par Petit Bateau ? C’est quoi les enfants ,les vrais ? Comment en 2015 est-il encore possible de se moquer ouvertement de son public à ce point ?
Bon, en même temps, le monde de la mode (même pour enfants) est une construction artificielle. Les sociétés et les familles impliquées dans le maintien de cette illusion depuis la fin des années 80 existent comme une ploutocratie mondiale. Des milliards de dollars sont en jeu. L’illusion de l’importance de la mode pour tous est acceptée à un niveau presque religieux. Anna Wintour avec le plein soutien de son employeur Condé Nast, a construit un récit mythique d’invincibilité. Il est important de comprendre qu’il est simplement un récit. Il est un fantasme. Il est un rêve induit visuellement.
L’objectif de la matrice de la mode-industrielle est de faire grandir sans cesse leur système d’images alimentées par VOTRE identité. Là réside le danger. Les principaux opérateurs de l’industrie de la mode sont juste une classe de bavardage désespérée qui dépend de votre temps et de vos ressources financières pour survivre. Et n’oubliez pas qu’ils s’attaquent aussi à vos enfants, de manière apparemment encore plus désespérée…Nous avons pour habitude de vous rappeler qu’ils ont besoin de vous, et que vous n’avez pas besoin d’eux. En l’occurrence ils ont besoin de vos enfants et vos enfants n’ont pas besoin d’eux.

« Là où il y a le pouvoir, il y a la résistance »
Michel Foucault.
Une société où « tout ce qui a vécu n’est devenu que représentation. » Où nous faisons l’expérience « du glissement de l’être à l’avoir, et de l’avoir au paraître. »
Guy Debord.
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Publié le 06/11/2015