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Quel est le palmarès des métiers inutiles en agences de pub’ ?

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Il faut rendre à César ce qui est à César. L’idée de cet article on la doit à Benoit Poelvoorde, grâce à une interview où l’acteur avait osé annoncer : « Dans mon palmarès des métiers idiots, j’ai mis en premier attaché de presse, en deuxième agent, en troisième distributeur. »
Classement qui a agit sur nous comme un boomerang. Si nous devions faire un classement des métiers idiots et donc inutiles (sans blesser trop de monde autour de nous), quel serait notre palmarès dans un univers absurde que l’on a bien connu, à savoir, les agences de communication et de publicité ?
Attaché(e) de presse était une évidence. Mais comment alors ne pas inscrire des métiers qu’aucun de vos parents ou grands-parents ne comprend comme Planneur Stratégique, Trafic Manager, Coordinateur, Public Relation, Community Manager, Social Media Manager. Difficile de choisir donc dans cet écosystème complexe créé en interne par des dirigeants en recherche constante de marges brut plus élevées, une manière donc de rajouter « subtilement » des lignes de facturations supplémentaires à leurs clients…

D’Extension du domaine de la lutte à The Office en passant par Fight Club

David Graeber, anthropologue à la London School of Economics, avait publié un pamphlet sur le sujet consacré aux «bullshit jobs», autrement dit, sur le «phénomène des jobs à la con» (que vous pouvez lire ici en français). Pour lui, «la plupart des gens qui font ces métiers en sont, en fin de compte conscients. Il y a une classe entière de salariés qui, quand vous les rencontrez à des soirées et leur expliquez que vous faites quelque chose qui peut être considéré comme intéressant, éviteront de discuter de leur métier. Mais donnez-leur quelques verres et ils se lanceront dans des tirades expliquant à quel point leur métier est stupide et inutile».
On pourrait se croire dans Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq ou encore dans un épisode de The Office ou pire dans une scène de Fight Club.

En parallèle, David Graeber explique que la raison des « bullshit jobs » n’est pas économique comme nous pourrions le penser. Selon lui, «la classe dirigeante a réalisé qu’une population heureuse et productive avec du temps libre était un danger mortel». Résultat, un encouragement dans l’ombre pour la montée en puissance « des jobs à la con».

L’anthropologue va même jusqu’à citer l’économiste anglais John Maynard Keynes, qui en 1930 avait annoncé que l’on pourrait simplement travailler 15 heures par semaine un siècle plus tard et que l’on s’ennuierait tellement que le principal problème collectif serait de répartir le travail.

Bref, un réel sujet de société, forcement délaissé par les classes dirigeantes en période de chômage de masse. Notre modeste contribution sera alors de commencer à lister quelques uns de ces « bullshit jobs » que nous publierons prochainement sous la forme d’un Palmarès (décryptant la philosophie, le look et les phrases types de chaque « vocation »). La liste étant sans doute sans fin, n’hésitez pas à nous écrire à : contact@apar.tv, pour l’allonger à votre guise…

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Publié le 08/06/2015