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Mais d’où vient le mot cool ?

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Qui n’a pas prononcé une seule fois dans sa vie le mot « cool » ? On l’emploie à toutes les sauces et pour tout et n’importe quoi. On tue un terroriste ? C’est cool. On ouvre un compte Instagram ? C’est cool. On fait un plan à trois ? C’est cool. On achète une nouvelle paire de basket ? C’est cool. On trouve une idée originale de start-up ? C’est cool. On change de boulot ? C’est cool. On télécharge la dernière série HBO ? C’est cool. On gagne au Banco ? C’est cool. On arrête de fumer ? C’est cool. On change de coupe de cheveux ? C’est cool. APAR.TV va lancer sa nouvelle version ? C’est cool. Un chat qui danse sur internet ? C’est cool. Il y a un rayon de soleil ? C’est cool.

Mais est-ce que l’on sait vraiment ce que veut dire le mot cool ? Sachant que ce mot intrigue depuis des décennies les linguistes du monde entier qui ont du mal à se mettre d’accord sur sa signification précise et surtout sur son origine.
Nous avons donc tenté d’essayer de percer le mystère de ce mot universel qui au final dit souvent tout et son contraire.
Autrement dit, comme personne n’a la réponse exacte à la question : « Qui a prononcé pour la première fois le mot cool ? », nous allons essayer de retracer l’histoire approximative de ces quatre lettres si précieuses…

Dans les années 30 en Amérique, les populations noires d’origine anglaise auraient utilisé pour la première fois, dans le langage familier, le mot cool pour dire « à la mode ». Mais de nombreux historiens ont fait remonter l’origine du mot cool à l’esclavage. Présent, à l’époque, comme une posture de rébellion plus ou moins passive des esclaves africains qui s’en servaient de façon très ironique pour indirectement provoquer leurs maîtres blancs sans qu’ils évidemment ne puissent s’en rendre compte. Certains vont même jusqu’à démontrer que pour les africains le mot cool signifiait être calme, « frais » et reposé. Renfermant le concept « itutu » issu des religions animistes et du yorouba (un dialecte parlé dans l’Afrique occidentale, principalement au Nigéria.)
Mais c’est dans les années 50 que le saxophoniste Lester Young le popularisa dans les milieux du jazz, avant de rentrer dans les inconscients avec le phénoménal succès de Miles Davis et son Birth of the Cool.

À l’époque, ce mot pouvait aussi bien signifier « un nouveau style » que quelque chose de formidable. Grâce à son extraordinaire flexibilité, il avait déjà plusieurs sens. Alors que d’autres mots également très populaires à l’époque, comme « groovy », « rad » ou « fly » ont quasiment disparu du registre ordinaire, le mot « cool », lui, a survécu au passage du temps et des modes.
Aujourd’hui encore, il continue à avoir plusieurs sens : il peut désigner quelqu’un ou quelque chose de branché ou de tendance, quelqu’un de distant ou de froid, quelqu’un de socialement habile, ou encore quelqu’un de hautement qualifié ou d’intelligent. Mais nous ne pouvons oublier qu’avant il fallait être galant et mondain, et qu’aujourd’hui il faut être cool, un point c’est tout.

Bref, le mot cool est aujourd’hui dictatorial en occident. Sa puissance de frappe est invisible et intraçable parce qu’il concerne tout le monde. Plus personne n’est épargné.
Il impose son ordre, sa morale, son éthique, sans rien avoir à prouver. Le cool n’a pas de devoir. Et c’est bien son problème. Si il n’a pas de définition exacte comment lui accorder alors autant de crédibilité ?
Et l’ironie du sort est telle que ce mot issu des esclaves africains, nous « esclavagise » tous indirectement aujourd’hui. Pas cool…

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Publié le 03/12/2015