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Les jeux vidéos peuvent-ils être à l’origine d’experiences spirituelles ?

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C’est une éternelle question à laquelle nous n’allons pas répondre ici. Peut-on lier technologie et spiritualité ? C’est la question naïve d’un utilisateur de Youtube postée dans un commentaire il y a quelques temps dont l’histoire a émue la communauté du gaming.
Un jeune homme raconte sa passion du jeu partagée avec son père sur sa première Xbox alors qu’il était tout petit. Son père décède l’année de ses 6 ans. 10 ans plus tard il retrouve sa vieille console, la rebranche et découvre que le jeu auquel il jouait le plus souvent a sauvegardé les scores de son père dont la voiture apparait en véhicule fantôme. Jusqu’alors invaincu le jeune homme se remet à jouer contre son père encore et encore jusqu’a parvenir enfin à le dépasser. Il abandonnera avant la ligne d’arrivée pour ne pas battre le record et continuer de voir apparaitre « son père » dans le jeu.

On pense à la mort du père, on se dit qu’a travers cette histoire, on peut traiter le complexe d’Oedipe sous un nouveau jour totalement inédit, on se dit que c’est dangereux si le deuil du fils n’a pas été fait parce qu’il pourrait passer ses journées à jouer avec son papa mort, on se dit plein de choses, mais ce qu’on ne se dit pas c’est : « tiens, c’est une belle histoire si on la récupérait pour vendre plus de Xbox? »

Encore une fois…

« Plus aucune des puissances qui nous forment et nous déforment aujourd’hui n’est assez forte pour entrer en concurrence avec le divertissement. La façon dont nous rions, marchons, aimons, parlons, pensons ou ne pensons pas aujourd’hui, la façon dont nous sommes prêts à être victimes aujourd’hui nous ne l’avons apprise que pour une part des plus insignifiantes de nos parents, de l’école ou de l’église, et presque exclusivement de la radio, des magazines, des films ou de la télévision – bref du « divertissement ». (…) La responsabilité de cette ascension n’est bien sûr pas à imputer à notre absence de résistance, mais à l’absence de résistance au monde. (…)
A cela s’ajoute le fait que cette industrie ressemble à une bête omnivore qui ne fait pas de choix, à un animal qui n’a pas seulement l’appétit de tout, mais aussi le don d’avaler tout cru tout contenu, et, après une digestion des plus rapides, de le restituer sous la forme d’excrément ». Günther Anders.

 

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Publié le 27/04/2016