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Les flics et les pubards essayent de recruter chez les Kids

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Les enfants sont aujourd’hui chassés par la police comme des animaux. Ils sont une cible facile. Pour les forces de l’ordre mais aussi pour les publicitaires qui les attaquent tout aussi agressivement mais d’une façon plus perverse et donc forcement plus « subtile ».
Par exemple, l’agence Ogilvy & Mather en Nouvelle-Zélande a du créer d’urgence une campagne virale de recrutement pour la Police fédérale. Son but étant d’attirer dans la police les gens qui ont les qualités pour ce métier (dont une majorité de jeunes et de femmes), mais aussi de rappeler à chacun l’importance du sens social et de l’attention portée à l’autre. Ouais ouais.

De la même façon que les jeunes ne veulent pas rejoindre les forces de l’ordre, ils refusent aussi de travailler dans l’industrie qui vend l’industrie, à savoir la publicité. Comme les flics, ils ont aussi été obligés de lancer une campagne de propagande, pardon, de communication, pour (essayer) de convaincre la nouvelle génération qu’il est encore « cool » de travailler dans la pub. Sauf que plus personne n’est dupe. A tel point, que l’un des seules arguments des pubards est de leur dire qu’ils pourront se faire de l’argent. On croit rêver. Les générations futures veulent trouver du sens dans leurs actions et non du pognon. Ce n’est donc pas avec ce genre de campagne qu’il faut espérer éviter la fuite des futurs cerveaux.

Travailler aujourd’hui pour une industrie publicitaire est profondément vulgaire et dénué de sens pour les Kids. Ce n’est pas que Maurice Levy ne les fait pas rêver mais ils savent pertinemment que la créativité est partout sauf dans une agence de communication. Ces dernières n’étant plus dirigées depuis un bon moment par des créatifs mais par des hommes de chiffres. Ces derniers vont donc affronter l’inéluctable, aucun de leurs enfants n’aura l’envie de leur succéder. Ce qu’il pensait cool dans les années 80 n’est plus qu’un vague souvenir qu’ils sont les seuls a essayer de ressusciter.

Les publicitaires récupèrent indirectement les violences policières contre les enfants.

La dernière campagne « FREE THE KIDS » pour une marque de lessive en est l’une des preuves. Le film pose une question intéressante : qui passe plus de temps à l’extérieur, un enfant ou un prisonnier ? L’idée étant soi-disant de créer une initiative visant à amener les enfants a passer plus de temps à l’extérieur. Pour qu’ils puissent se salir et ainsi ensuite utiliser la merveilleuse marque de lessive en rentrant.

Heureusement qu’en parallèle il y a des initiatives dénuées d’intérêt commercial comme ce clip remarquable qui explique la brutalité policière via des marionnettes. Mis en scène et écrit par Isaac Gale, pour qui il n’est jamais trop tôt pour enseigner aux enfants la violence de la police. Il a donc voulu éduquer les très jeunes enfants sur leurs droits à l’aide de marionnettes inoffensives. Par exemple, « un flic n’est pas un soldat » ou encore « la police n’est pas autorisée à vous mentir ». Le plus dingue dans cette affaire, c’est que la vidéo se termine face à deux petites filles en train d’apprendre aux spectateurs comment créer des masques à gaz maison…

Paradoxalement, la police a pourtant été extrêmement bien valorisée ces dernières années, à la télévision par exemple, entre les commandes d’émissions émises du ministère de l’intérieur pour revaloriser un métier en manque d’amour et les séries tv mettant souvent en lumière la bravoure et le sens de l’honneur des officiers de l’ordre. Dommage qu’on ne puisse jamais voir la vérité, celle de la rue. Parce que, en France par exemple, quand un jeune filme son agression par la police, la vidéo fait des centaines de milliers de vues immédiatement. Ce sont de nouveaux « contenus » auxquels tout le monde devrait apporter la plus grande attention.

Il serait donc temps de penser à produire des contenus sans censures ni tabous qui montrent la réalité des bavures, du racisme à la corruption en passant par l’ultra-violence gratuite effectuée souvent sur des femmes et des enfants évidemment sans défense.

Imaginez suivre un anti-héros, dans la peau d’un flic médiocre, sans ambition ni idéal, qui pour passer ses nerfs post-attentat s’amuse à fracasser gratuitement des kids à la sortie des écoles. Sans jamais bien sûr se faire attraper. Ça serait en 2016 quand même plus fédérateur que les Experts à Miami non ?

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Publié le 04/04/2016