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L’indéprimeuse, la jeune femme qui inventait les livres

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Ça faisait longtemps que l’on cherchait chez APAR.TV une amoureuse des livres qui ne prendrait pas des airs possédée parce qu’un brin intello. Nous avons trouvé une perle, une jeune femme aussi brillante que drôle. Une passionnée de papier qui a su utiliser les réseaux sociaux pour donner de l’amour et surtout transmettre la passion de son métier d’imprimeur de manière subtile et amusante.
En découvrant le compte Instagram de Davina Sammarcelli, alias L’indéprimeuse on a fait une belle rencontre. Celle d’une jeune fille dont l’imagination dépasse la fiction, qui a su mettre l’absurde au service du beau.

L’indéprimeuse c’est la petite pilule du matin, celle que l’on gobe pour se lever du bon pied, celle d’une fille qui ré-interprète la vie en caractères, qui voit la vie en majuscules et explore les titres comme une collection infinie.

On lui a posé quelques questions au détours d’une page blanche. Et nous voilà a écrire un début d’histoire avec elle. Bienvenue chez APAR.TV l’indéprimeuse.

Comment t’est venue l’idée de créer L’indéprimeuse? 

Je suis imprimeuse depuis dix ans, et c’est de famille!

Et un beau jour, alors que mon père et moi étions dans la hâte de boucler les deux cent exemplaires d’un livre, mon père fait une mauvaise coupe… Catastrophe: la coupe c’est la dernière étape du façonnage, vous imaginez comme elle est importante ! Si on la rate, tout est à refaire. Et c’est bien ce qu’il s’est passé : on a tout jeté. Passé l’énervement (on ne s’est même pas regardés et on est repartis au travail) je suis arrivée avec le livre mal coupé mais titré « Nouvelle coupe pour une nouvelle vie », on a ri et j’ai commencé à imaginer toute sorte de titres, autant de propos que les livres pourraient tenir s’ils avaient la parole. L’Indéprimeuse était là !

D’où vient le nom? T’es indépendante et déprimée ou les deux?

Indépendante, clairement. Déprimée ça dépend des jours de la semaine (le lundi matin, c’est dur, oui).

Le choix de ce nom de L’indéprimeuse résulte plutôt d’une composition entre des mots plus ou moins inventés, « indéprimer » et « imprimeuse ». Je suis, depuis longtemps, grande amatrice de Boris Vian et de ses mots-valises comme le « pianocktail ». L’Indéprimeuse prend la suite de cette pratique amusée et amusante de la langue.

Quel est ton parcours ?

J’ai fait des études d’Histoire de l’art avec une cinquième année passée en Espagne, ensuite le choix s’est présenté : continuer pour devenir peut-être prof, ou bien reprendre l’entreprise familiale avec ma sœur (qui, elle, avait fait des études d’histoire) ? Comme nous avions toujours aimé ce métier et cette tradition familiale, nous avons choisi de travailler ensemble et de devenir les premières femmes imprimeuses d’une famille qui fabrique des imprimeurs messieurs depuis 1890.

Tu préfères l’art ou la littérature ?

Superbe question !
Mais je peux y répondre facilement, finalement.
Ce que j’aime ce sont les concepts. J’aime l’élément moteur qui alimente le processus créatif. Le rendu peut être imprimé ou écrit à la main, peint ou encore filmé: ce qui sera déterminant pour moi, ce sera toujours l’idée initiale, l’élan et le pourquoi.

Tes couvertures sont souvent très drôles et souvent autour du sexe. T’es obsédée ou obsessionnelle ?

Définitivement obsédée.

On ne peut s’empêcher de sourire quand on regarde ton Instagram. Ça fait quoi de donner du bonheur gratos aux gens?

C’est vraiment un beau compliment ça… « donner du bonheur gratos aux gens », Si j’y arrive c’est magnifique. Et si en plus un jour ça fait de moi une femme riche ce sera merveilleux. J’ai mis en ligne un e-shop avec des produits imaginés qui sortent de l’imprimerie fantasque de L’Indéprimeuse. J’ai envie de proposer des objets pour les amoureux des ateliers d’imprimeries, des livres, des librairies… Je travaille déjà avec un parfumeur pour trouver l’odeur du papier, de l’encre ou du livre et j’ai d’autres idées. Qui sont ou seront à découvrir sur ma boutique… Dans les deux cas, gratuit ou pas, c’est toujours du bonheur!

La question très énervante ; si tu devais emporter un seul livre sur une île déserte ?

Je pense que prendrais de la poésie, ou un livre comme Exercices de style de Raymond Queneau. Un livre que je peux ouvrir à n’importe quelle page. Quelque chose que je peux lire et relire et faire de nouvelles découvertes. J’aime quand le texte est à observer, quand on peut rester un long moment sur la même page sans se dire « oui bon, avance il t’en reste 732 », c’est aussi pour ça que j’aime la poésie. On peut regarder le texte, le lire, le relire.
Isoler une strophe, un vers, un mot.

Tu es une femme de lettres ou une femme de l’être ?

De lettre imprimée 😉

Quel est ton endroit préféré pour lire?

Alors là je ne vais pas être originale ! Lit, métro, café, avion, train. Le problème c’est que j’oublie souvent tout et mes livres aussi… Je me console en me disant qu’ils auront une nouvelle vie !

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Publié le 06/06/2018