Musique

#RockEnSeine #Jour3 : Comme si vous y étiez

+1+2+3+4+5

Rock en seine jour 3 – J’suis trop vieux pour ces conneries

Bon. C’est là que ça se complique. J’ai mal au crâne, il faut croire que je fais parti du business. C’est un peu confus, difficile de remonter le fil de mes souvenirs avec la barre de traction intercalée entre mes deux oreilles. Après le succès retentissant de ces deux premiers reviews, il va falloir se mettre à niveau pour la clôture du festival.
Non je déconne, personne ne me lit d’ailleurs je sais même pas pourquoi je te parle.

BODY PAINTING

On démarre la journée (à la bourre pour changer) avec Warpaint, premier gros rendez vous et une de mes attentes majeures de ce festival. En allant vers la scène de la cascade, on aperçoit Airbourne sur la grande scène et ça joue très fort devant une assemblée plutôt massive.

Un rayon de soleil nous réchauffe doucement au moment où les 4 filles pénètrent sur la scène. Les meufs commencent leur set avec les armes qu’on leur connait. Warpaint c’est le genre de groupes où j’ai le sentiment que les faibles d’esprits comme moi ont besoin de bien maitriser les morceaux pour prendre du plaisir. Les titres sont tortueux, les structures alambiquées et pour ne rien arranger le son met un peu de temps à se mettre en place. Pas énormément de guitare au départ, les voix un peu rentrées dans le mix… Mais les compositions aériennes de Warpaint sont portées par 4 filles envoutantes qui nous amènent exactement là où il faut. Leur conviction et leur faculté à communier font progressivement mouche et il est difficile de ne pas s’extasier devant le basse/Bat qui est incontestablement la clé de voute du groupe sur scène. Les meufs sont à l’arrache, cheveux roses bleus vert, nonchalantes à souhait, charismatiques, ce que les jeunes appelaient encore le swagg avant que ça ne devienne la marque de vêtements de La Fouine. Elles concluent le set sur le titre Elephant dans une version rallongée où la chanteuse semble s’agacer de ses retours. Pas grave le public accroche et la soirée démarre plutôt bien….

On se prend une bière, ça débriefe sur les jours précédents, on se reprend une bière, un type cri à qui veut l’entendre qu’il cherche de la MD. Vraiment idiot… Il pouvait pas anticiper ce couillon?

J’AI LA (BRODY) DALLE

On se traine le cul vers la scène de l’industrie pour voir Brody Dalle, ancienne chanteuse de The Disitillers et accessoirement compagne de Josh Homme qui headline ce soir avec Queens of the stone age. Le mec est d’ailleurs en bord de scène, classe comme un américain, pendant que sa gonzesse envoie du son comme ça lui vient. C’est à dire fort et un peu en vrac. Punk quoi.
On retrouve les titres de son dernier album que j’ai moyennement écouté et quelques titres des Distillers. Le set est un peu décousu mais j’arrive pas trop à savoir si c’est parce que c’est un peu un récap’ de sa carrière et que tout ne match pas ou si c’est a cause du son qui est franchement à chier. L’ingé son devait être sacrément bourré ou même absent parce qu’un son de guitare en bois et une caisse claire en plastique par dessus ça fait rarement bon ménage.
Mais Brody est charismatique et sa voix est hors du commun. Elle fait partie de ses figures atypiques qui ont le mérite d’exister dans un paysage musicale supra formaté. T’en connais beaucoup des chanteuses qui braillent comme ça ? Ne me dis pas Courtney Love tu vas t’en prendre une…

J’ai faim et j’ai bien retenu la leçon. Pas de tortillas aujourd’hui ! Ce sera Burger du refectoire pour tout le monde… On en profite c’est le dernier.
Janelle Monae démarre son set à la cascade et je suis curieux de voir ce que ça donne mais d’abord je finis mes frites si tu permets…

Un petit groupe à côté de moi commence à spéculer sur ce que va donner le concert de Lana Del Rey, la meuf est rare, et chacun y va de son pronostique.
Je vais pisser dans les chiottes du commun des mortels, l’espace pro étant trop loin et l’envie pressante. Y’a pas à dire quand tu pisses dans les chiottes des festochs t’as un peu l’impression d’être dans Man VS wild.

En revenant je m’arrête donc pour Janelle Monae qui est en train de donner tout ce qu’elle a avec un band à l’américaine. Costumes, chorés, gros décors. Pas de doutes c’est des Américains. Ces gens là font les choses en grand. La petite femme est une énigme pour moi. C’est une artiste des plus désagréable qu’il m’a été donné de croiser (ouai je fréquente les stars) mais elle est irrésistible sur scène. Une vraie tornade. Elle nous fait les présentations de ses musiciens et chacun y va de son petit solo. Les mecs sont monstrueux. La foule danse et même si j’ai rarement vu aussi peu de monde devant cette scène, l’énergie que dégage le public est grisante.
Bon par contre ça aurai été pas mal d’entendre une chanson parce que pendant les 15 minutes que j’ai vu à part faire des vocalises et des petites danses, j’ai pas eu l’impression d’entendre un titre. Ce qui marchait pendant les 5 premières minutes devient reulou. On se casse voir Lana…

LANA DEL RAIE

Grosse affluence devant la grande scène pour voir la bête de foire. Il y a des fans hardcores certes mais la majorité des gens sont là, portés pour une espèce de sale curiosité morbide. Lana Del Rey c’est un peu la Amy Winehouse pas trash qui aurait dû crever avant de saloper son propre mythe mais qui a pas eu le courage d’avaler sa boite de cachets et qui traine sa carcasse sur scène pour chanter des vieux tubes que même elle ne veut plus écouter.

Attention, j’ai de l’affection pour la demoiselle. C’est l’artiste la plus flippée qu’il m’ait été donné de voir en coulisse (je t’ai dit que je fréquentais les stars ?) et il est indéniable qu’elle a de grandes chansons. D’ailleurs à chaque titre, un tas de types dans l’assemblée crient « C’est ma chansooooon ». Probablement parce que c’est le genre d’artiste qui te donne l’impression d’avoir été un marqueur dans ta vie à un moment où tu venais de te faire larguer ou parce que t’as touché ton premier nichon dans une caisse sur un parking de Géant Casino et que ça passait à la radio à ce moment là.

Lana n’est pas franchement ce qu’on pourrait qualifier de charismatique. Je sais ça fait mal mais c’est comme ça. Elle déambule mal à l’aise sur scène enchainant des titres plus forts qu’elle et on se dit que si elle avait été moche, elle aurait surement écrit pour les autres. Il faut dire que la petite n’est pas aidée par un band qui a l’air de se jouer un autre concert dans sa tête. Bouger comme un métalleux sur Video games c’est interdit par la loi…
Lana fait frémir l’assemblée lorsque son backliner vient lui allumer une… CIGARETTE.
« BAAAA mais elle fume Lana? Mais noooooooon »
Non, elle fume pas, elle a juste allumé sa cigarette pour faire bad girl parce que 2 secondes plus tard la cigarette est par terre. Quelle déglingo cette Lana.
On sent qu’elle veut nous prouver qu’elle sait chanter. Elle se lance dans des vocalises lyriques, et surtout prend bien soin de changer toutes les mélodies de ses chansons pour se perdre dans des notes inconnues au bataillon. Chante ta ligne Lana putain… Fais ce que tu sais faire, le pôle marketing a déjà fait tout le job, t’as plus qu’à chanter.
Un type me dit qu’il a l’impression d’écouter de la musique  » de restaurant chinois » et me mime un service de nems. Je trouve cette blague si drôle que j’en suis un peu jaloux. Alors je me casse dans l’espace pro regarder la fin du concert de Lana avec des collègues blogueurs. Ouai je bosse pour un blooooog. (vocal fryyyy)
Lana clôture son show par dix minutes de selfies le long des crashs barrières (10 minutes pendant lesquelles ses musiciens s’en donnent à cœur joie dans les poses ridicules comme s’ils jouaient pour la première fois devant leurs mères), on ne pourra au moins pas lui reprocher d’être froide avec le public….

On passe voir rapidement La Roux qui attire pas mal de monde. Je danse (comme un dieu évidement) sur In for the kill. Mais même si le public adhère je trouve les morceaux trop inégaux pour vraiment prendre du plaisir. Et il faut aussi admettre que l’excitation monte quant à la suite du programme….

QOTSA-2013-HEADER

QUEENS OF THE STONE AGE – SAINT CLOUD SO MUCH PARIS

Ils sont habitué du festival et pourtant je ne les ai jamais vus sur cette scène. Je ne vais pas vous mentir je suis un gros fan de QOTSA depuis des lustres et après les avoir vu dans de petites salles, je suis curieux de voir ce que ça donne en open air comme on dit. Les mecs sont juste des machines de guerre. Josh Homme sait se mettre le public dans la poche en deux secondes. Les types n’ont pas besoin d’en faire des caisses pour que ça marche. Leurs instruments sont le prolongement de leurs corps. C’est beau à voir. No one Knows en 2. Bam dans ta gueule. Un type me tend un joint. Je tire quelques barres. J’ai chaud, la tête qui tourne. Un grand chauve me bouscule, je lui pète la gueule. Je cours vers l’espace pro pour vomir sur les godasses de Laroux. J’entends Little sister au loin, j’ai un peu les boules. Un groupe de mecs de la sécu vient me masser le visage pour avoir pissé sur un transat au beau milieu de l’espace pro…

Faut pas croire tout ce que je raconte. Je suis un bonhomme, c’est pas deux lattes qui vont me foutre en l’air!
Le concert est incroyablement bon sans pour autant atteindre les sommets d’intensités ressentis en salle. Le type à coté de moi est scotché. Je lui demande si ça va. Il me regarde et me dit qu’il est complètement bluffé par l’aisance du groupe en live. Je ne peux pas lui donner tort.

Le concert se termine sur A song for the dead au bout d’1H30 passée trop vite. Pas de rappel. Dommage mais super clôture pour le festival.

On se faufile dans l’espace pro avec un tube de colle et quelques bracelets déchirés (ouai je suis un voyou mais l’année prochaine faudra me donner des accreds rock en seine) et c’est l’heure du bilan.
Non je déconne. C’est l’heure de picoler putain!
Moins de pros dans l’espace pro, à croire que tout le monde a grugé pour entrer mais les quelques représentants de maisons de disques encore présents donnent l’exemple.
J’en ai plus rien à foutre et sincèrement même si j’ai bavé comme une pute pendant trois jours j’ai passé un très bon festival. Cette édition de Rock en Seine est une réussite de mon point de vue.

Après de nombreuses bières, arrive le moment surréaliste où débarquent Warpaint, Brody Dalle, Josh Homme et Laroux dans le bar VIP. Je suis pas une groupie mais putain Josh Homme est un animal magnifique. Tendrement sauvage, une de ces figures américaines comme on en voit dans les vieux films. Un vrai bonheur de voir le mec prendre des photos sans broncher avec les fans et danser collé serré contre Brody en mordillant le filtre de sa cigarette. Ce mec est classe par ce qu’il dégage autant que dans la simplicité qui s’échappe de tout ce qu’il fait même quand c’est compliqué. Je vous vois venir mais non. J’ai une femme et trois gosses et même si Josh me demande une pipe dans un coin y’a pas moyen.

Le moment est venu de remercier la rédaction d’APAR qui m’a laissé un petit coin pour raconter mes conneries. J’espère juste que l’année prochaine j’aurai des tickets restos. De vous remercier si vous avez lu. Si vous voulez m’envoyer des messages de menaces de mort ou d’insultes, la rédaction d’APAR se fera une joie de me les faire suivre. Ça marche aussi pour les déclarations d’amour. Merci Rock en Seine et si je ne suis pas blacklisté d’ici là, à l’année prochaine…

En direct (différé) du domaine de Saint Cloud, c’était Michael Meilleur. A vous les studios…

Ps: j’ai quand même bien mis 3 heures à écrire cette article laborieux soit 2H30 de plus que les jours précédents alors si tu l’as lu jusqu’au bout j’espère que tu n’auras pas de séquelles…

Galerie
Publié le 25/08/2014