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#RockEnSeine #Jour2 : Comme si vous y étiez

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Rock en Seine jour 2 – L’empire contre attaque (ou la naissance d’un monstre)

C’est sans pression qu’on arrive sur le domaine de Saint-Cloud vers 17h30. Pas de live « touite », ma carrière de blogueur est foutue. Première chose que je vois en arrivant dans l’espace pro: un point wifi et un espace pour recharger son téléphone portable. Je me dis que j’ai bien mérité ma sanction. Si tu comprends pas ce que je dis c’est que t’as pas lu le compte-rendu du premier jour et que par voie de conséquence je ne t’aime pas beaucoup.

SANS PRESSION SAUF POUR LA BIÈRE

Après une bonne bière, on décide d’aller voir Thee Oh Sees sur la scène de la cascade.
Les mecs envoient du lourd mais à part quelques pogos devant, le public est plutôt calme. Quelques gouttes de pluie plus tard (et ouais tu me changeras pas, je suis le roi de la météo) on se dit que ça manque un peu de chansons tout ça quand même mais que c’est surement un groupe qui doit bien te tarter la gueule dans une petite salle.

Une deuxième bière et on décide de bouger vers la scène de l’industrie pour voir Cheveu.
Le groupe démarre et le mec à côté de moi me dit « on dirait un groupe de bretons bourrés ». Difficile de lui donner tort.
Le chanteur essaye de se mettre le public dans la poche. Visiblement très marqué par son concert à Dour, il nous explique que là bas entre les chansons les types crient « DDDOOUUUuuuUUUR ». Et donc il se met en tête de nous faire crier ça tout le temps. Apparemment, il n’a pas saisi qu’on était à Paris…
On se casse donc hein…

En retournant vers l’espace pro on s’arrête deux minutes pour voir ce que donne The ghost of a saber tooth tiger, le nouveau groupe de Sean Lennon. Alors déjà, c’est quoi ce nom de groupe trop chiant à prononcer. Genre, tu dis pas le nom du groupe, tu le pointes du doigt sur le programme pour en parler…
La fille est jolie, c’est indéniable mais alors on s’emmerde quand même. Ça se regarde le nombril, ça fait des solos pas ouf. Sean est tombé dans le vice du « je veux tout faire comme papa », même traitement de voix, association avec sa gonz. Si tu veux te taper des barres tout seul mon pote t’es assez riche pour le faire tout seul dans ta chambre.
On se casse…

Pas franchement emballé par la suite des évènements, on se pose un moment dans l’espace pro pour tchatcher et boire des bières parce que l’espace pro ça sert uniquement à ça, on ne va pas se mentir.
Je tiens à préciser que je suis dans l’espace pro en pur parasite et je vous vois venir « Encore un qui a demandé une accred pour se branler les couilles. » J’ai rien demandé mon pote ce bracelet m’est tombé sur le coin de la gueule. On attend le début de Portishead avec la sensation que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas.

LA NAISSANCE D’UN MONSTRE

À ce moment, je reçois un appel de la rédaction d’APAR :
« On a lu ton article c’est énorme mais par contre tu vas devoir faire les deux autres jours »
Merde, faut bosser alors?
« Et puis il faut signer tes articles. »
Ah ouai ça aussi.
Je me présente donc, Michael Meilleur (en hommage à un grand serial killer, fais travailler ta culture ciné). Ce n’est évidemment pas mon vrai nom, mais l’anonymat c’est aussi la liberté d’être lâche comme ça vous pourrez me cracher à la gueule, j’en ai rien a foutre. J’ai carte blanche? Pardonnez leur car ils ne savent pas ce qu’ils font…
« Fais des photos aussi »
Je suis pas photographe, j’envoie ce que j’ai mais c’est de la merde, je te préviens si tu veux des photos, y’en a plein sur le site officiel, faites par des pros. Le site retransmet aussi quelques lives, si tu t’y es pris trop tard ou que la crise t’as pris à la gorge cette année.

LEXO 1000

On attend le début de Portishead avec la sensation que c’est un peu ce que tout le monde a décidé de faire.
Un type doucement ivre me dit « J’ai adoré leur album Lexomil« . Je ris.

On passe devant la grande scène et il faut dire ce qui est, c’est blindé. On se demande même si hier c’était vraiment complet tellement le flot de spectateur est important devant la grande scène. Mais alors par contre, c’est mort, je viens de comprendre que la blague du Lexomil, c’était sérieux. Les gens ont l’air contents mais c’est pas trop ma came alors on décide de bouger jusqu’à la scène de l’industrie pour voir Joey Bada$$. Avec un nom comme ça, on devrait se marrer…

TORTILLAS FUCK

J’ai la dalle et en allant vers l’industrie, on passe devant le réfectoire, mon food truck préféré mais c’est encore la queue de batard alors je prends une sorte de tortilla qui n’a de mexicain que le nom et dans ma tête raisonne « cette merde mexicaine aura ta peau ». Bingo, c’est dégueulasse et en plus c’est bourré d’oignons. J’ai le bide en vrac et je pue de la gueule. Joey Bada$$ démarre son live sur les chapeaux de roues. Le mec est au top, super com avec le public qui est totalement conquis et qui répète à tout va les Fuck ci ou Fuck ça que balance le frontman. C’est bon enfant et ça fait du bien un peu de hip hop à Rock en Seine. Toujours drôle de voir les hipsters se la jouer gangsta.
Je souffle au visage d’un barbu qui tombe dans les pommes, une blondinette m’offre un chewing-gum, on va boire une bière.

Au stand des boissons, devant le gondolement de mon ventre massacré par le kebab mexicain de l’enfer, je décide de prendre un coca. La meuf me sort une bouteille et garde le bouchon. Je trouve ça con comme règle. Les festivals là vous avez pas fini les conneries ? Un mec me dit que c’est « au cas où tu jettes ta bouteille c’est moins lourd ». Je lui réponds que c’est con que si tu la jettes ouverte et pleine c’est lourd et mouillé. Si tu as plus d’infos là dessus, je prends. Éclaire moi s’il te plait, je suis un peu teubé sur les bords.

FLUMER TUE

On se pose devant la scène de la cascade en attendant Flume le petit minot qui a envahi les ondes avec son remix de Disclosure.
Et là BIM. La première grosse claque du festival pour moi. Gros son, je ne suis pourtant pas un gros adepte des dancefloors et le genre de connards qui pensent que les DJ sont des escrocs. Mais lui, il tient son affaire. Les vidéos projetées sont parfaites, les lights nickels, le gamin mène bien sa barque. Énervant, quand on sait qu’il n’a que 22 ans. Le public est enthousiaste, le set rodé, on y est là. Il termine sur You and me qui finit bien le job. Bravo ma gueule…

Bon comme la rédaction m’a donné carte blanche, là c’est un peu le coup de gueule du festival…
COUP DE GUEULE! Qui est le cocaïnomane dépressif qui a décidé de foutre The Horrors, Saint Vincent et The prodigy en même temps!?! Faut vraiment pas avoir de race. Vous faites pas de réunions en amont ?

« OH MY FUCKING PEOPLE »

On opte pour Prodigy.
Une bière sur le chemin pour faire passer le coca et nous voilà devant la grande scène.
J’ai jamais trop écouté ce groupe mais force est de constater que je l’ai entendu. Je connais quasiment tous les titres et c’est là qu’on se rend compte de l’importance de ce groupe et aussi à quel point ces mecs ont imposé un truc. Respect.
Mais la drogue et les années ont fait leur travail et les mecs ne sont plus aussi souples. Ça joue très bien, le batteur est toujours aussi impressionnant mais au final c’est un peu triste de voir que les types ont vieilli. Ça fout le cafard.
Le public est à fond, les mecs occupent l’espace autant que possible et c’est vrai que quand on compare la débauche d’énergie de Prodigy à celle des Arctic Monkeys on se dit que les mecs ont du mérite.
Un type derrière moi se moque gentiment en se tenant les reins et en criant « OH MY FUCKING PEOPLE » phrase que le chanteur aura répété bien 100 fois en 5 minutes. Les pauses entre les titres sont de plus en plus longues, il faut bien reprendre son souffle.
On en a assez vu et on se décide à traverser tout le site pour aller voir Saint Vincent sur la scène pression live.

LE COUP DE CŒUR SAINT VINCENT

Après un long trajet, on arrive à la scène toute mimi, entourée d’arbre. La scène la plus excentrée est finalement de loin la plus intéressante par la configuration qu’elle offre.
Le concert a commencé et on se glisse gentiment dans la foule. L’ambiance est feutrée, Annie Clark est gracieusement charismatique. Le show est hyper carré laissant tout de même suffisamment de liberté à la vie des titres.
J’ai rarement vu une demoiselle jouer de la guitare comme ça. On se demande même comment elle arrive à chanter en jouant des lignes comme ça! Tout ce qu’elle fait est créatif, poétique et sublime. Le groupe derrière elle est entièrement acquit à sa cause et leur cohésion fait plaisir à voir au long des quelques chorégraphies exécutées. Alternant entre de belles mélodies pop et des sons de guitares atypiques très rock sans jamais virer dans le grossier, Saint Vincent est une vraie révélation que je vous conseille de suivre avec attention. Une prestation moderne, subtilement travaillée qui semble plaire à l’assemblée.
Le dernier concert de la soirée est de très loin le coup de cœur qu’on attend sur un festival. Bravo!

On se traine doucement vers l’espace pro en prenant à contre-courant la masse de gens quittant le festival dans une bonne ambiance. On s’arrête devant notre food truck préféré. Les mecs ont donné toute la journée. Des burgers à la chaine, ils sont rincés. Ils nous offrent les burgers restés sur le comptoir. Je vous avais dit que c’était le meilleur burger de Rock en Seine ?

DESCENTE DE TISE ET CRISE DU CD

De retour dans l’espace pro, c’est toujours les mêmes phrases « Non je rentre pas tard, demain je sais pas si je viens, lundi c’est la rentrée » et puis ça finit torché à danser mollement sur le dance floor. Ça crame des budgets de développement de groupes en taxi et en champagne et on se demande ce qui se deale dans ces conditions. Une belle farce…
90% des gens présents n’ont rien à foutre là, moi le premier.
Ça parle de la crise du disque avec un coup dans le pif, ça rigole de Pascal Nègre qui ne croit toujours pas qu’internet va marcher, que le disque est mort.
Un mec du milieu conclura ma soirée en me disant « Tu vois tout ces gens là, dans quelques années ils ne seront plus là. Tout ces mecs qui sortent d’écoles de commerces qui viennent chercher un salaire et qui se foutent de la musique, ils vont disparaitre quand leur salaire chutera à 500 euros par mois et il ne restera que les passionnés parce qu’aujourd’hui pour faire de la musique il faut aimer la musique. Ce qu’il faut c’est une purge et elle arrive… » Que les dieux de la musique t’entendent mon pote!

Michael Meilleur, pour vous servir. 

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Publié le 24/08/2014