Interview

Olivier Moulierac

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Partenaire cette année des Napoléons, nous avons voulu en savoir un peu plus avec Olivier Moulierac, l’un des deux co-fondateurs de ce nouveau « Davos de la communication » qui rassemblera une communauté et créera un moment inspirant, chaleureux, tourné sur l’homme. Comme il nous le confie ici : « On peut créer des émotions, faire rire, faire réfléchir, mais il faut bouger, ne pas rester campé sur ses positions. Notre monde est ouvert et il faut s’y engouffrer. » Il donne l’exemple ici et maintenant.

Pourquoi avoir choisi « Les Napoléons » comme nom pour un sommet de la création et un lieu de rencontre entre tous les métiers ?
Avec les Napoléons, nous voulons redonner du pouvoir à l’imagination et aux idées pour faire triompher la créativité et l’innovation. Ce sont des valeurs transverses aux métiers liés aux nouvelles technologies, aux médias, au design, l’architecture, la publicité, la musique, la mode bref, tous les métiers qui accompagnent l’homme et façonnent notre société. Ce sont ces valeurs qui conduisent à l’innovation et sans innovation il n’y a pas de progrès, pas de dynamique créative, pas d’enthousiasme ! Napoléon, c’est une vision, de l’ambition, un esprit de conquête, une personnalité audacieuse qui a fait rayonner la France. C’est certes une personnalité clivante, mais quand on dit Napoléon n’importe où dans le monde, on sait de qui il s’agit.

Vous avez d’ailleurs emprunté la Baseline des « Napoléons » à Bonaparte (« L’imagination gouverne le monde »), pourquoi ?
Parce que ça n’a jamais été aussi vrai ! Il n’y a pas d’innovation sans imagination. Il était légitime de confier à Napoléon l’identification de l’Innovative Communications Summit, puisque c’est à lui que nous devons cet aphorisme si étonnamment moderne. Les entreprises qui sortent la tête de l’eau en ce moment, ce sont celles qui cultivent l’innovation, la nouveauté, la différence. Tout communicant qui se respecte sait qu’il faut être audacieux en période de crise.

Vous commencez votre Manifeste de la manière suivante : « Nous ne sommes pas des pigeons, nous ne sommes pas des exilés, nous ne sommes pas des indignés. »
Pour terminer par : « La nouvelle donne conduisant à une meilleure performance, à plus d’Innovation et plus de bien être, donc à une meilleure cohésion, à un meilleur accomplissement intellectuel, social et économique, passe par plus de respect de l’humain. » Vous pensez donc que l’homme n’est plus au centre de la création et de l’innovation ?
Nous pensons surtout que l’homme n’en est pas forcément toujours le premier bénéficiaire. L’entreprise ne le fait plus rêver parce que la finance a pris le pouvoir. D’ailleurs, les entreprises qui souffrent sont celles qui ne s’appuient pas assez sur les hommes. Inversement, les boites qui font attention à leurs salariés, à la façon dont elles produisent, à l’impact de leur activité sur l’environnement, ces boites ont tout compris. En France il y a des tonnes de gens talentueux, des opportunités permanentes, des milliers de start up et du reste, de nombreux postes clés de la Silicon Valley sont tenus par des Français… Le French bashing , assez !

Les métiers de la publicité ont radicalement changé, le mélange des genres est de plus en plus important, est-ce pour ça que vous avez eu l’idée de créer une académie réunissant des publicitaires, des architectes, des designers, des gens de culture et de média ?
Ce n’est pas seulement un mélange des genres, le terrain de jeu s’est agrandi. Avant, il y avait de grands rendez-vous entre les marques et les institutions, et les consommateurs. Maintenant, grâce au digital, le contact se fait à tout moment, on a donc la capacité d’entretenir un lien plus continue. Ça crée des interactions plus fluides et régulières et ce lien est créé par d’autres que des publicitaires. Ça peut être un designer, un archi, un musicien, un producteur de contenu, tous ceux qui créent de la mobilité et nourrissent des échanges. LA grande question des marques aujourd’hui c’est la cohérence. Le propos des Napoléons à travers l’Académie, c’est de créer des liens entre tous ceux qui s’adressent aux différents publics.

Cette communauté est constituée par cooptation, ce qui fait sans doute sa valeur, nous même quand nous avons été intronisés, nous rentrions juste en réunion, et nous avons annoncés « les amis nous voilà des Napoléons, c’est mieux aujourd’hui que d’être franc-maçons », dans la foulée tout le monde a voulu en être, alors est-ce que vous pouvez nous confier ici, la marche à suivre pour être coopté ?
L’Académie traduit notre souhait de privilégier la sélection d’un groupe homogène qui corresponde au spectre que nous avons défini. Le but de l’Académie c’est de révéler une communauté qui s’ignore en favorisant la mise en relation, l’échange des idées ou même la collaboration, donc tous ses membres doivent être légitimes. Pour l’intégrer, soit vous avez reçu un mail de notre part parce que nous vous avons identifié, soit un membre vous recommande en vous envoyant un mail contenant un lien qui vous invite à vous connecter. Aujourd’hui l’Académie compte déjà 600 membres. Après le sommet de Val d’Isère en janvier, notre outil digital sera upgradé grâce à notre partenariat avec Ingenux.

Et combien pensez-vous avoir de membres actifs avant la fin de l’année ?
Il y aura probablement 800 membres actifs, mais il n’y a pas de numerus clausus. La qualité importe évidemment plus que la quantité.

Le Board des membres fondateurs de cette académie est présidé par Anne Lauvergeon, ancienne présidente d’Areva. Il est également composé entre autres de Marie-Laure Sauty de Chalon, Jean-Jacques Aillagon, Jean-Marie Dru, Henri Seydoux et Xavier Couture. Est-ce qu’on peut décrire « Les Napoléons » comme un « Davos de la communication » ? Si oui pourquoi ?
Sans prétention oui, à un détail près : Davos est une formidable vitrine et un lieu d’échange sans égal pour le monde économique mais on veut faire quelque chose de plus humain. Nous, on veut rassembler une communauté et créer un moment inspirant, chaleureux, tourné sur l’homme, les usages et demain. Nos inspirations sont autant Davos que Sundance, SXSW ou encore C2MTL. Avec nos partenaires, Google, SNCF, Groupe La Poste, American Express, Audi, La compagnie des Alpes, nous voulons proposer quelque chose de très bien produit et que chacun reparte de Val d’Isère avec un sentiment de fierté et l’envie d’en découdre. Dans ces métiers, on rencontre des gens brillants, c’est une grande chance. On a envie que ça débouche sur quelque chose, que ce ne soit pas vain, que ça pulse derrière, on veut insuffler une énergie créative. Aujourd’hui tout est possible, on peut tout faire, il n’y a plus de limites, le pouvoir est immense et ça procure des opportunités incroyables ! Cette industrie doit se réjouir de ça. On peut créer des émotions, faire rire, faire réfléchir, mais il faut bouger, ne pas rester campé sur ses positions. Notre monde est ouvert et il faut s’y engouffrer.

Que peut-on vous souhaiter de meilleur dans un futur proche ?
Avoir la joie de vous croiser à Val d’Isère entre le 14 et le 17 janvier !

L’entreprise ne le fait plus rêver parce que la finance a pris le pouvoir. D’ailleurs, les entreprises qui souffrent sont celles qui ne s’appuient pas assez sur les hommes. Inversement, les boites qui font attention à leurs salariés, à la façon dont elles produisent, à l’impact de leur activité sur l’environnement, ces boites ont tout compris. En France il y a des tonnes de gens talentueux, des opportunités permanentes, des milliers de start up et du reste, de nombreux postes clés de la Silicon Valley sont tenus par des Français… Le French bashing , assez !
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Publié le 16/11/2014