defaultCat

Grâce à sa web-série, Canal+ prend racine sur la Toile

+1+2+3+4+5

Le groupe Canal+ a pris un risque en diffusant « Kali » parce que le ton de cette création originale est totalement en décalage avec les web-séries que l’on trouve actuellement sur la toile, la plupart du temps humoristiques et légères (Les web-séries Québécoise en état de grâce & Webséries en série)

L’histoire: une jeune Anglaise se réveille dans l’Eurostar, totalement amnésique. Gare du Nord à Paris, des inconnus l’agressent. Elle les neutralise avec une violence et une précision qui la sidèrent. Bientôt, elle découvre qu’elle parle un français impeccable. Kali est en fait un « soldat augmenté » bourré de nanotechnologies, envoyé en démonstration à Paris pour une vente aux enchères.

Le programme proposé aux internautes est un vrai film découpé en épisodes. Il a coûté près d’un million d’euros.

Elle entre dans le cadre de la quatrième saison de la « Nouvelle Trilogie », un programme de Canal+ qui vise à donner leur chance aux jeunes auteurs, réalisateurs et acteurs.

Cette quatrième saison a commencé en mai par « La fille au fond du verre à saké », comédie romantique sur la Chine parisienne (trois épisodes de 26 minutes), suivie par « Sweet dream », série pour adultes sur les adolescents diffusée en juin (trois épisodes de 26 minutes)

« Kali », troisième partie de la « Nouvelle Trilogie », sera diffusée à la télévision en version longue de 90 minutes en décembre. Mais la série sera d’abord proposée aux internautes, sous forme de web-série.

« Le type de narration de Kali, très rythmé et avec de nombreuses relances, se prête bien en format court, diffusable en ligne », estime son producteur Gilles Galud (La Parisienne d’Images).

« Une web-série ne peut pas se faire à ce prix là. Kali n’est pas du tout de la même qualité que les web-séries habituelles, filmées en mono-décor et en DV (format vidéo, NDLR), rarement en haute définition. Avec Kali, nous sommes dans un mode de production de fiction classique », souligne-t-il.

Dans le paysage audiovisuel français, Canal+ s’affiche comme précurseur en matière de web-fiction. La chaîne payante a présenté lors du festival de la fiction de la Rochelle en septembre « Kaïra shopping », une web-série mettant en scène des jeunes de banlieue, déjà disponible sur la Toile depuis quelques mois.

Les autres grandes chaînes se montrent plus prudentes, tout en reconnaissant la nécessité de proposer des produits spéciaux pour les internautes. France Télévisions en est au stade de la « réflexion », tout comme M6, alors que TF1 n’envisage rien pour le moment.

La chaîne publique Arte, qui propose déjà des web-documentaires (Du neuf et du frais dans le Web-documentaire), prévoit de lancer sa première web-fiction en 2011.

Galerie
Publié le 04/11/2009