Cinéma

Saint Laurent : l’Opium du People

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Avec Saint-Laurent une seule certitude : mettre bout à bout des scènes souvent dispensables et inabouties ne constitue pas un film !
La construction ? une errance au début, une agonie à la fin, un corps creux, un système de flash backs à rendre épileptique le plus téméraire des détenus de Guantanamo.
Les personnages ? Inexploités, figés, caricaturaux, ne dégageant aucune empathie. Gaspard Ulliel a sans doute pris des attitude du grand Yves mais n’a pas su s’approprier sa diction ce qui irrite presqu’autant qu’Hemut Berger post synchronisé en français. Ses interventions ont, pour la plupart, été vraisemblablement, tournées en anglais, ce qui choque les yeux comme un très très mauvais doublage puisque la plupart des scènes sont en gros plan ou en portrait. Et dans quel but surtout ? Il ressemble bien moins à Monsieur Saint Laurent en fin de vie qu’à Orlando.
Jérémy Rénier tente de donner un peu de corps à Pierre Bergé mais est réduit à un simple homme d’affaires épris de la marque, jamais comme l’homme qui a partagé la vie du maître. Le genre de simplification qui a du plaire au producteur Christophe Lambert, ancien homme de publicité (s’il ne l’a pas suggéré…). On sépare YSL la marque de l’homme. Ouh la la, quelle audace …
Lea Seydoux est égale à elle même mais comme heureusement elle n’a pas de place pour s’exprimer on évite un écueil de plus. Pauvre Loulou de la Falaise …
Louis Garrel en fait des caisses et la scène de la rencontre en boîte de nuit – encensée par des critiques sans doute sous psychotropes – constitue un chef d’oeuvre à l’autel du néant. Un va et vient arthritique sous démérol, pire une impossibilité flagrante que les regards des futurs amants aient pu se croiser à cause des axes de caméra choisis.
Le silence est ennuyeux et la musique omniprésente. La plupart des propos du héros se situe entre du Duras et du Robbe Grillet. Mon Dieu que l’on devait s’emmerdait dans ses salons.
Que reste-il ? Rien si ce n’est de l’agacement. Si l’on s’en tient à ce que l’on voit sur l’écran Saint Laurent n’aurait donc été qu’un petit enfant gâté et surdoué, exploité par son amant et contre-carrant ce stakhanovisme involontaire par un avilissement sexuel tandis qu’il peine à entrer en contact avec les autres. C’est fin comme analyse …
Il est indéniable que saisir le génie est un art difficile mais le désenchanter à ce point est affligeant ? Je vous parle de la scène en split screen qui dure quinze plombes afin de comprendre une évocation à Mondrian ou du « metteur en scène » qui croit avoir du second degré en interprétant un journaliste de Libération voulant enterrer trop vite le couturier ? Peut-être, mais je vous enjoints à vous épargner le reste.
La bande annonce pose d’emblée la vraie question : « Est-ce que tout ceci n’est pas dérisoire ? » Je pense que vous connaissez désormais ma réponse.

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Saint-Laurent
@alexfake

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Publié le 06/10/2014