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MARIE-YAN MORVAN, LE TALENT VENU DE NEW-YORK

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Elle vit et travaille à New-York, mais Marie-Yan Morvan est née à Paris. Son travail affiche une immense maturité graphique, un jeu géométrique où les corps et les objets se confondent dans un entrelacs mort/vie. Une frontière fine entre un animisme et une chorégraphie morbide.
Devant une telle cohérence et une réelle modernité et le jour de l’ouverture de son site internet, nous sommes allés poser quelques questions à l’artiste.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ?
Je suis née a Paris. J’ai commencé des études de cinéma a Paris 7 que je n’ai pas finies.
Je suis partie à NYC en vacances durant ma deuxième année et là-bas j’ai eu un coup de foudre. Je suis tombée amoureuse de la ville. Deux mois plus tard, j’y étais de retour, cette fois-ci pour de bon.
J’avais 19 ans, ne parlais pas anglais mais la ville me suffisait. Je me sentais libre pour la première fois. Un sentiment nouveau que je n’avais jamais connu à Paris ou en France. J’ai etudié le graphisme a la School of Visual Arts pendant 4 ans. Durant mes études, je me suis aperçue que la performance, le rapport à l’humain, la photo m’intéressaient de plus en plus. J’aimais inventer mes propres histoires avec mes personnages à moi et leur univers.

Quel rapport as-tu au corps ? La plupart des artistes font du corps soit un sujet, soit un support, il semblerait que tu ais trouvé la voie du milieu, ce qui est rare.
La place du corps dans mes travaux est très importante. L’humain est perçu comme une toile, un objet vivant.
J’aime rêver et faire rêver mon public. C’est pour cela que la transformation dans mon travail est un thème redondant et omniprésent.
Quoi de plus beau que de voir un humain bleu ou blanc ? Pousser les limites de l’imagination est toujours ma plus grande motivation.
J’ai d ailleurs commencé une série avec une photographe New-yorkaise, Monica Stevenson, où l’on peint son cheval de différentes couleurs en fonction des saisons (on a commencé en rose pour l’été, puis argent pour l’hiver dans la neige). C’est très beau, un vrai rêve.

Ton esthétique, avec sa géométrie ultra précise et ses couleurs affirmées, est assez 70’s.
C’est une volonté ? quelles sont tes influences ?

Je pense que mon graphic design background tient une place très importante. J’aime être structurée dans mon travail, mes films et projets. Les sketchs et story boards sont primordiaux dans ma démarche de création. Il est très rare que j’improvise une fois sur le set ou en tournage.
Mes influences : les films de Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort, Peau d’Âne) et les films muets.
Mondrian, Egon Schiele, les Expressionnistes et bien sur je porte beaucoup d’admiration à Michel Gondry et Jean Paul Goude.

C’est très rare de trouver une telle cohérence entre images et bande sonore. Es-tu aussi musicienne ?
Je suis en effet musicienne. J’ai étudié la harpe pendant 10 ans au conservatoire à Paris. J’ai dû arrêter suite à mon départ au États Unis. La musique, oui, est très importante. C’est aussi fort que les mots à mon sens. La musique est un langage universel.
Mes films n’ont pas de dialogue. La musique longuement étudiée et pensée représente 50 % du film. Sans elle, les images ne seraient pas aussi fortes et inversement.
Je travaille avec un musicien très talentueux, lui aussi vivant à NYC, Dimitri Tisseyre. On se comprend très bien et nous arrivons à créer ensemble (je me charge de la direction artistique) ces bandes sonores.

Quels sont tes projets ?
Je travaille sur un autre Coco. Coco Zoo. Le film va être prêt d ici un mois.
J’ai aussi commencé un projet qui me tient beaucoup à cœur: des illustrations 3D pour un conte d’enfants.

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Publié le 04/04/2013