Cinéma

Houellebecq : super-star du petit au grand écran

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Il y a eu Joey Starr qui a su passer avec brio des studios son au grand écran. Aujourd’hui c’est au tour d’Houellebecq de passer de la littérature au cinéma. De « L’Enlèvement de Michel Houellebecq », comédie sous forme de documentaire à « Near death experience » qui s’annonce comme un chef-d’œuvre du genre de Benoît Delépine et Gustave Kervern.
Une reconversion plus que réussie qui n’est peut être à ses yeux qu’une manière de ne pas rester seul trop longtemps.
Même si dès 1978, celui qui s’appelait encore Michel Thomas avait tourné un court-métrage muet, avec un titre dont il avait déjà lui seul le secret : « Cristal de souffrance ». En 1981, il sort de l’École nationale supérieure Louis-Lumière (section « cinématographe », option prises de vue ) sans aucun diplôme. 26 ans après il réalise l’adaptation du roman culte « La Possibilité d’une île ». Et s’essaye avec Guillaume Nicloux à jouer un premier petit rôle, dans un film sur l’affaire Gordji.
Mais se douterait-il un jour que c’est son talent comique qui lui ferait littéralement percer l’écran ? Grâce au réalisateur Guillaume Nicloux qui a imaginé ce qui se serait vraiment passé si Michel Houellebecq avait été vraiment enlevé comme la rumeur qui a couru en 2011. Même si pour le réalisateur « Michel n’est pas un acteur. Je ne lui demande pas de jouer, juste d’être. Bien jouer ou mal jouer, on s’en fout. Ce n’est pas Michel Houellebecq qui m’intéressait, c’est Michel. J’ai eu envie de voir comment au contact d’autres personnages radicalement différents, se créait presque un troisième personnage. Comment ces moments d’humanité-là allaient résonner et créer un objet curieux qui dresserait un portrait singulier de Michel ».

Au final il en ressort plus qu’un objet curieux mais l’œuvre télévisuelle française la plus jubilatoire de l’année.
Et ce n’est sans doute rien face au déferlement qu’annonce « Near Death Experience » de Gustave Kervern et Benoît Delépine. Où Houellebecq rentre cette fois dans la peau de Paul, un employé sur une plateforme téléphonique, qui est en plein burn-out.
Un vendredi 13, la chronique du journal télévisé sur ce jour particulier lui apparaît comme un signal pour passer à l’acte. Décidé à concrétiser son geste, Il s’enfuit dans la montagne où il va vivre une expérience unique. En attendant le choc, voici la bande-annonce…

Un des kidnappeurs : Y’a des gens qui écrivent pour le style, y’en a qui font du style , ben, j’sais pas.
M.H : ça dépend si c’est des poèmes ou des romans. Pour moi le plus important c’est les personnages.
Kidnappeur : Et si c’est des poèmes c’est plus heu…le style…
M.H : Bah, c’est un peu… le style, le mot convient pas vraiment. C’est un peu difficile à expliquer en fait.
Le kidnappeur : les contraintes sont pas les mêmes.
M.H : Y’en a pas en poésie.
Le kidnappeur : Mais les Alexandrins, y’ a forcement des contraintes qui sont les alexandrins.
M.H : Non, en fait ça aide.
Le kidnappeur : T’as quand même des repères de littérature.
M.H : ça joue pas tant que ça. Ce qui est important c’est de rien faire. De s’ennuyer un peu. Tu fais rien tu t’ennuie. Et il y a des choses qui t’arrivent dans la tête et le mot vient. Le vide.
Le kidnappeur : Et t’arrive à faire le vide?
M.H : Y’a des conditions. Par exemple là tu vas pas écrire de livres parce que t’attends un coup de téléphone alors ça t’angoisse.
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Publié le 28/08/2014