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Slavoj ZIZEK : Jacques Lacan à Hollywood, et ailleurs

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Pourquoi lui ?
Parce qu’après plus de deux générations après la mort de Lacan, Slavoj Zizek se lance dans un édifice théorique baroque afin de démontrer l’actualité de la psychanalyse : complexe mais vraiment passionnant.
Son idée ? Présenter à un lecteur non spécialiste la pensée de Jacques Lacan est déjà un pari risqué. Mais le faire à travers le prisme du cinéma hollywoodien, et – inversement – traiter de la culture populaire par le prisme de la pensée lacanienne, voilà qui semble tenir de la gageure. Et pourtant Slavoj Zizek la tient, cette gageure, et avec quel brio. Incarné dans le personnage de Charlie Chaplin dans Les Lumières de la ville, le mystérieux “objet petit a” devient tout à coup lumineux. Soudain, nous comprenons Lacan, et c’est jubilatoire…

Où le lire ?
Dans une salle de cinéma ou dans la salle d’attente de son psy.

A qui l’offrir ?
A votre psy, cela va de soi.

Cet ouvrage ne saurait se résumer à une tentative réussie de “vulgariser” une pensée sophistiquée. Il s’agit en fait plus profondément ici de renouveler de fond en comble la notion marxiste de “matérialisme dialectique”. Zizek nous montre que Lacan permet de comprendre la vérité du système de Hegel, qui ne se trouve pas dans l’aboutissement qui met un terme au mouvement de l’être et de l’histoire, mais dans la mobilité infinie qui institue au cœur des choses une différence à la fois minimale et essentielle. C’est par conséquent à une modification radicale de notre vision de la structure du réel, c’est-à-dire à une nouvelle manière d’être réaliste, qui suppose le refus d’accepter les choses telles qu’elles sont, qu’en appelle Slavoj Zizek. Quiconque rejette l’idée que le capitalisme se confondrait avec le réel gagnera beaucoup à découvrir, avec cet ouvrage, l’une des pensées les plus innovantes et excitantes de l’époque. "Ce n'est pas le mal, mais le bien, qui engendre la culpabilité."
Jacques Lacan
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Publié le 16/02/2017