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« Toute ressemblance avec le père » – Franck Courtès

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Pourquoi lui ?
Parce qu’un photographe qui devient romancier sait immortaliser mieux que personne la complexité des êtres humains. Et surtout parce que c’est une manière intelligente et subtile de comprendre comment tuer symboliquement le père tout en comprenant le phénomène de reproduction inconsciente entre père et fils.

Où le lire ?
Juste avant de rejoindre une réunion de famille.

Le passage à retenir par cœur ?
« Cet intérêt pour les filles me venait de mon père. Par les gènes peut-être un peu, et par un de ses sourires, un jour. J’avais dans les neuf ans et une amie de mes parents avait dit que je serais un homme à femmes. J’ai vu ce curieux sourire s’épanouir sur le visage de mon père, et sans saisir entièrement le sens de l’expression, j’ai senti sa fierté réchauffer un à un les os de mon dos.
Moi qui ne brillais ni à l’école, ni en sport, ni même à la pêche, je venais enfin d’éveiller chez lui le sentiment orgueilleux de la transmission. Il la voyait comme une fée se penchant sur mon berceau, la jeune femme qui venait de me faire le compliment. Elle allait devenir plus tard une de ses maîtresses. »

A qui l’offrir ?
A votre père, cela va de soi. Et si il n’est plus là, à votre fils. Et si vous n’en avez pas offrez-le vous directement. C’est un petit bijou à l’atmosphère trouble mais d’une finesse à couper le souffle.

1507-1

« Au même âge que mon fils, je m’étais hissé au sommet d’une meule un soir, au bord du plateau. Je dominais la vallée de l’Ourcq. La nuit approchait. Les nuages venaient de loin et j’avais un peu froid. Devant moi, la terre brune, les bois sombres, le vent dans mon dos, dessinaient les contours du bonheur, les points cardinaux d’une boussole imaginaire. J’étais un cristal de garçon.»
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Publié le 12/08/2014