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Les sangs – Audrée Wilhelmy

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Pourquoi lui ?

Parce que Les Sangs est un grand roman de Femmes écrit par une jeune femme brillante, Audrée Wilhelmy. Parce que l’idée merveilleuse de donner la parole aux victimes de Barbe Bleue donne un nouveau souffle et une nouvelle vision d’un des plus grands conte du XVIIème siècle. Parce qu’Audrée Wilhelmy est un des jeunes auteurs de la maison Grasset à ne pas perdre de vue tant sa plume est inattendue, surprenante, et d’une divine cruauté.
Parce que l’idée d’avoir donné la parole à travers une série de carnets intimes à ces femmes assassinées laisse présager leurs secrets, leur déviances et le caractère non-unilatéral de leur soumission à un homme qui pourrait dans notre époque être simplement qualifié de pervers narcissique. Parce qu’il est écrit par une jeune femme au visage d’une douceur fascinante, parce que l’auteur incarne elle-même la substance de ce livre, un romantisme sombre et une pureté absolue.
Parce que l’amour, le sexe et la mort n’ont jamais aussi bien cohabité dans un roman de notre époque. Parce que la rencontre avec ces 7 femmes vaut tous les « speed dating » de la terre.

Où le lire ?

Au chaud, parce que lire les récits de femmes mortes fait froid dans le dos.

Le passage à retenir par coeur ?

« Ce qui est difficile avec ce journal, c’est que mon langage à moi est le mouvement. Les souvenirs que j’ai sont physiques, donc ils se racontent mal. Mais ce journal est là parce que je dois expliquer ma mort, Féléor me l’a demandé comme une partie de son cadeau. Le problème est que le ballet montre, il n’explique pas. Je n’ai jamais appris à penser comme ça, l’explication. Même en mots j’arrive seulement à montrer les choses. Ça me fâche, je voudrais que mon journal explique comment la décision de mourir pour un homme vient de loin, comment elle vient d’avant cet homme là et même avant les autres. C’est important, le fait que ce soit la seule fin qui puisse arriver ».

A qui l’offrir ?

Aux hommes de Dieux, pour leur montrer que le vrai sacrifice n’est pas nécessairement dans l’abstinence.
Aux romantiques amoureux de poésie car il y a quelque chose d’Apollinaire et ses Onze Mille Verges dans Les Sangs.
Aux collectionneurs en tout genre.

9782246854029,0-2547867
Les Sangs, Audrée Wilhelmy, Ed. Grasset, 16,50€.

Les mots font partie du mécanisme de Féléor. Il est comme les automates, il ne fait les gestes qu'une fois tous ses rouages bien en place. Avant de tuer, il a besoin de se voir comme un personnage de livre, il a besoin de savoir qu'il existe dans les mots de quelqu'un d'autre. Le ver laboure la terre qui fait pousser le maïs qui nourrit la poule qui nourrit le renard qui donne la fourrure que le pauvre utilise pour faire le manteau du riche. Personne ne mange le riche. Personne ne mangera jamais Féléor Barthélémy Rü.
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Publié le 01/04/2015