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Kate Fichard : « C’est à nous d’apporter une énergie positive, fraîche et créative »

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Pour la première fois, le Club des DA expose à Arles, sous l’égide de l’exceptionnel Harri Peccinotti, commissaire de l’exposition. Au programme : 8 jeunes talents français mis en lumière. Avec un seul mot d’ordre : à connaitre avant que n’importe qui les connaisse. Et c’est au tour de Kate Fichard de répondre à nos questions…

Tu es photographe. Comment t’es venu le goût des images ?
C’est venu progressivement mais une expérience a probablement été le déclencheur, après avoir assisté une photographe Béatrice Amagat pour un reportage en Egypte.

Qui sont tes maitres en photo ?
Jean-Paul Goude, Irving Penn, Tim Walker et Gregoire Alexandre.

Comment définirais-tu ton style photographique ?
Il est encore difficile à définir, j’aime beaucoup créer et mettre en scène. D’une manière générale j’oriente mon travail sur le thème de l’expression, j’aime travailler avec les corps, m’amuser avec et créer un langage autre. Je travaille de plus en plus également avec les objets en les détournant, les accumulant, les sortant de leur contexte et de leur fonction pour en faire des créations.

Tu utilises des fonds souvent neutres pour mettre en avant tes personnages qui sont toujours en décalage avec le décor. Cela donne des photos surréalistes mais à la fois très contemporaines. Crois-tu qu’il faut absolument « conceptualiser pour se démarquer » aujourd’hui ?
Il ne faut pas conceptualiser pour se démarquer, chacun ses méthodes de travail et son style. Afin de structurer et de donner une cohérence à son travail, il faut y mettre une direction, une idée et un point de vue. Si j’ai choisi des fonds neutres c’est parce que l’idée correspondait à son contexte, et que j’aime également la minimalité et la frontalité dans la photographie.

Dans ta série « Totem » on découvre des personnes portant littéralement sur eux leurs professions ou des objets qui leurs sont quotidiens. Es-tu de ceux qui pensent que l’Habit fait le moine ? Si tu devais te mettre toi-même en totem humain, quels objets porterais-tu ?
Non, on est ce que l’on fait dans la vie. Si je devais faire mon Totem, il me faudrait beaucoup de force, je porterais les gens que j’aime, ceux qui m’entourent et qui m’accompagnent au quotidien.

Tu as été l’assistante de Paolo Reversi qui est un passionnée de poésie et de littérature (il a suivi les cours d’Umberto Ecco et a rencontré très jeune Kerouac et Ginsberg). Il y a chaque jour plus de chaines Vimeo qui se créent que de livres publiés, penses-tu que l’image va remplacer le mot ?
L’image ne remplacera jamais le mot, même si elle est omniprésente dans notre quotidien et dans nos gestes, on devra toujours mettre les choses sur feuille avant de les mettre en forme.

L’image que tu trouves la plus réussie de tous tes propres shooting ?
La prochaine qui va venir.

Quelle est l’image qui définirait le mieux ta génération ?
Je n’en ai pas en tête, mais disons que sa réalité n’est pas facile et qu’il ne faut pas baisser les bras, il faut se battre et c’est à nous d’apporter une énergie positive, fraîche et créative.

As-tu déjà pensé à la réalisation de films ?
Non, je ne me projette pas du tout dans le film, j’ai aujourd’hui envie de développer mon travail photographique, de produire et de créer davantage de séries. Nous vivons dans une ère numérique où tout le monde peut toucher à tout mais disons que je n’aime pas trop la polyvalence, j’aime que les gens soient reconnus et appelés pour ce qu’ils savent faire. Si je veux toucher à un autre domaine, ce ne serait pas du film mais de la scénographie et de la danse.

Comment vois tu la suite de ta carrière de photographe ?
Je souhaite la réussir, me donner les moyens de créer mon identité visuelle et de pouvoir la vendre telle quelle.

A l’heure ou même Facebook censure des photos, quelle serait pour toi l’image la plus transgressive à diffuser ici ?
Des portraits de photographes célèbres sans dents.

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Publié le 08/07/2014