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Demain Montpellier sera à la France ce que Los Angeles est aux États-Unis

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Soyons directs. Ne perdons pas de temps. Oui, Montpellier va devenir une contre-scène artistique face à ce que produit Paris.
De la même façon que la scène New-Yorkaise a été concurrencée par la scène de Los Angeles. L’Est contre L’Ouest. Mais la France n’est géographiquement pas configurée de la même façon. Ici nous fonctionnons du Nord au Sud. Le nord étant Paris, il fallait qu’une scène naisse au Sud. Et c’est chose faite grâce au MoCo [Montpellier Contemporain].

Le MoCo, une structure iconoclaste qui regroupe l’Ecole des Beaux Arts, La Panacée et celui que tout le monde attend, l’Hôtel de Montcalm (avec son futur jardin magique et sa cour des fêtes). La Métropole va donc maîtriser demain toute la filière professionnelle de l’art, de la formation des étudiants à l’exposition, en passant par la production.
Pour couronner le tout, l’architecte Philippe Chiambaretta à la manœuvre de la réhabilitation de l’hôtel de Montcalm a lui aussi comme désir de « créer une contre-scène culturelle dans le sud pour rompre avec le centralisme culturel français sans toutefois reproduire la recette Bilbao du grand vaisseau spatial tombé du ciel à grand renfort de spectacle architectural ». Autrement dit, ne surtout pas reproduire la tour de Frank Gehry actuellement en construction à Arles.

Montpellier est un anti-Arles. Là où Arles a édifié une tour verticale, sans consultations avec les habitants, Montpellier a pensé horizontal, proche de ceux qui habitent la ville, avec une idée de leur faire vivre un véritable parcours artistique, qui ne ressemble à aucun autre, loin donc des effets architecturaux pour nouveaux-riches qu’Arles impose à ses administrés.
Arles devrait d’ores et déjà s’inspirer de ce qu’il se passe à Montpellier. Penser à passer de la verticalité à l’horizontalité. De la posture à la profondeur. Du paraître à l’être. Et de l’inculture à la culture. Le seul secteur où les pauvres paient des impôts qui contribuent à produire une offre qui ne profite qu’aux riches. Autrement dit, Arles a offert la culture publique au privé, à un laboratoire pharmaceutique pour être précis, quelle ironie venant d’une terre communiste.

Montpellier va devenir une contre-scène qui ne sera pas une pale copie de ce qu’est Paris.

Vous l’aurez compris, à Montpellier il va se produire (dans tous les sens du terme) autre chose.
Sous ce signal fort se cache l’idée que demain Montpellier sera à la France ce que Los Angeles est aujourd’hui aux Etats-Unis. Une ville cool. Dans l’air du temps. Qui va vite mais qui ne raconte pas n’importe quoi. Une ville à part. Comme Montpellier. Qu’on jalousera de Bordeaux à Toulouse.

En passant par Marseille qui parle mais ne montre presque rien à part des effets d’annonces grandiloquents, Montpellier à côté la joue discrète mais avance, plus stratégiquement, plus finement. Sans arrogance comme ses rivales, Montpellier est la valeur sûre sur laquelle miser.

Pendant que la ville lumière continuera de perdre de sa superbe, restant dans un cynisme artistique rance et mondain, sans jamais s’avouer qu’en vivant à Paris, on vit forcement dans le Nord. Et donc dans le froid. Montpellier par sa chaleur et son authenticité a toutes les chances de commencer à détrôner artistiquement Paris dès 2024.

Forcément c’est un coup d’état culturel. Vous ne le lirais nulle part. Mais nous sommes prêts ici à miser gros avec vous sur cette prédiction culturelle. C’est mathématique, presque algorithmique. Le processus est enclenché. Et apparemment personne ne veut ou n’a voulu l’arrêter.

Imaginons maintenant Montpellier, Capitale contre-culturelle Française en 2024. Quand Paris s’épuisera de ses Jeux Olympiques, Montpellier prendra la tête de l’arbitrage culturel français. La même année où Angelina Jolie sera élue Présidente des Etats-Unis.
De la même façon que tous les artistes New-yorkais migrent en ce moment vers Los Angeles, beaucoup d’artistes parisiens risquent de migrer vers Montpellier. Le mouvement commencera selon nous dès l’année prochaine.
Aller jusqu’à penser maintenant que les ploucs de l’art (un peu vieux, un peu réactionnaires) de demain seront les parisiens, et que l‘avant-garde artistique se trouvera à Montpellier, il n’y a qu’un pas.

Oui, Montpellier aura sa propre scène artistique. Peut-être même que nous allons y installer nos bureaux, pour de ne pas être trop en retard sur l’histoire. Qui sait…

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Publié le 16/11/2017