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Albert Camus aurait été assassiné par le KGB avec l’aval des services de renseignement français

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Voilà un scoop intéressant. Un nouveau livre explique comment Albert Camus a été probablement assassiné par le KGB avec l’aval des services de renseignement français.

Je sais d’avance que très peu de monde va pouvoir écrire sur ce sujet en France. Surtout en ce moment. Pourtant c’est une information de première importance pour comprendre le monde dans lequel nous évoluons. Si je vous dis que l’État français a sans doute aidé le KGB à ASSASSINER l’un des plus grands écrivains français, vous allez me dire que je suis une petite miséreuse de complotiste qui ferait mieux d’aller faire son shopping de Noël. Et pourtant, tout concorde aujourd’hui pour pouvoir l’écrire noir sur blanc. Albert Camus n’a sans doute pas eu d’accident de voiture hasardeux avec son éditeur, il aurait été assassiné par le KGB et l’État français savait tout.

Souvenez-vous, ça fait déjà 60 ans qu’Albert Camus a eu un « accident » de voiture. Il avait seulement 46 ans. Tout le monde a toujours pensé que ce n’était qu’un banal accident de la route. Mais une nouvelle enquête ultra-sérieuse affirme qu’il a été assassiné par des espions russes à cause de sa rhétorique anti-soviétique.

C’est l’écrivain italien Giovanni Catelli qui a diffusé sa théorie pour la première fois en 2011 en écrivant dans le journal Corriere della Sera qu’il avait découvert dans le journal du célèbre poète et traducteur tchèque Jan Zábrana des propos selon lesquels la mort de Camus n’était pas un accident. Aujourd’hui, Catelli a développé ses recherches dans un livre intitulé The Death of Camus.

Camus est mort le 4 janvier 1960 lorsque son éditeur, Michel Gallimard, a perdu le contrôle de sa voiture qui s’est écrasée contre un arbre. L’auteur a été tué sur le coup, et Michel Gallimard est décédé quelques jours plus tard. Trois ans plus tôt, l’auteur de L’Étranger avait remporté le prix Nobel pour avoir mis en lumière les problèmes de la conscience humaine.

Giovanni Catelli a eu accès à un extrait du journal de Zábrana qui explique qu’un «un homme compétent et bien connecté» lui avait dit que le KGB était responsable de la mort de Camus. « Ils ont tricoté le pneu avec un outil qui l’a percé lorsque la voiture roulait à grande vitesse. »

Cet ordre, a-t-il dit, avait été émis par le ministre de l’Intérieur de l’Union soviétique, Dmitri Shepilov, en représailles d’un article de Camus paru dans le journal français Franc-Tireur paru en mars 1957.
« Il semble qu’il ait fallu trois ans aux services de renseignement pour exécuter l’ordre », indique le journal de Zábrana. « Ils ont finalement réussi à faire en sorte que, jusqu’à aujourd’hui, tout le monde pensait que Camus était décédé des suites d’un accident de voiture ordinaire. L’homme a refusé de me dire sa source mais il a affirmé que c’était totalement fiable. »

Camus s’était publiquement rallié au soulèvement hongrois depuis l’automne 1956 et avait vivement critiqué les actions soviétiques. Il a également publiquement soutenu l’auteur russe Boris Pasternak, considéré comme anti-soviétique.

Dans son livre, Catelli interview la veuve Marie de Zábrana, et enquête sur l’infiltration de la France par le KGB. Il a même intégré un témoignage de l’ avocat français Jacques Vergès (Catelli a été contacté par Giuliano Spazzali, un avocat italien, après la publication du livre en Italie. Spazzali a raconté une conversation qu’il avait eue avec Vergès au sujet de la mort de Camus.)

« Vergès a déclaré que l’accident avait été organisé. À mon avis, Vergès avait plus de preuves qu’il ne voulait pas partagé avec moi. Je me suis abstenu de demander », a déclaré Spazzali à Catelli. « La discrétion est la meilleure attitude lorsqu’un sujet d’actualité se pose de manière inattendue. Je n’ai pas enquêté davantage, et pourtant je me souviens que Vergès était certain que l’accident mis en scène avait été comploté par une section du KGB avec l’aval des services de renseignement français. »

Catelli affirme que le franc-parler de Camus interférait dans les relations franco-soviétiques, et que « le personnage éminent de Camus […] se démarquait aux yeux du peuple français pour rappeler le cruel impérialisme de l’URSS. Les gouvernements français et soviétique auraient grandement profité du fait de faire taire ce rappel déplaisant … Aucune enquête appropriée n’a été menée. »

En parallèle, la fille de Camus interdit formellement à l’éditeur Gallimard d’approuver ces nouvelles informations. Étrange. Surtout quand on sait que le livre a quand même été publié en France, en Argentine et en Italie et a reçu un énorme soutien d’un monstre de la littérature, à savoir, Paul Auster qui a dit que les preuves de Catelli étaient convaincantes.

Paul Auster est allé jusqu’à écrire dans une préface que « l’accident de voiture devrait maintenant être classé comme un assassinat politique – c’est ainsi qu’Albert Camus a été réduit au silence quand il avait 46 ans ».

Ce que mes amies journalistes devraient aujourd’hui chercher en France c’est si l’assassinat a été approuvé par De Gaulle. Celles et ceux qui sortiront cette information (moi je ne peux pas personne ne veut me donner une carte de presse) aideront à faire basculer la France de la Vème à la VIème République. Il est temps. Ne serait-ce qu’en hommage à la mémoire d’Albert Camus.

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Publié le 06/12/2019